L'heure est au traditionnel bilan de fin d'année. Je crois que cette année, je vais m'abstenir de prendre des résolutions, non pas à cause du gimmick mondial : "De toute façon, on ne les tient jamais !" mais simplement parce que je dois me mettre un peu moins de pression qu'une bête liste que j'aurais moi-même constituée. Je n'aurais peut-être pas réagi pareil si j'avais eu une année normale mais voilà, ça n'a pas été le cas.
Fin décembre 2010, j'avais prévu plein de trucs pour finalement ne pas réellement tenir mes promesses. Ah j'ai bien perdu 4 kg (mais les ai sûrement repris avec ces dernières fêtes), réinvesti mon bureau après avoir déménagé et je suis quand même partie au Canada pendant l'été, mais j'ai eu tellement de désillusions à partir du mois de septembre que ça assombrit considérablement le tableau.
Ca a commencé avec mon boulot. J'aime toujours autant ce que je fais mais j'ai subi quelques déceptions, que ce soit au niveau de mon équipe, d'autres collègues en général et aussi des élèves. Vous allez me dire que quand on est ado, on ne supporte pas grand chose et c'est la vérité, mais me faire insulter et menacer par une petite raclure de bidet qui pète plus haut qu'elle n'a le cul a tendance à me procurer une rage immense. Ce qui m'a le plus énervée, c'est d'avoir eu la trouille de sortir de chez moi après l'intensité des mots prononcés (et l'attitude qui allait avec). Je dirais que c'est l'événement qui m'a le plus choquée depuis la rentrée scolaire parce qu'il y en a eu d'autres même si je n'ai pas directement été concernée. Disons que quand il arrive des choses graves aux élèves, ça nous perturbe forcément. Ca va des "simples" problèmes familiaux au suicide d'une ancienne élève, l'accident de la route mortel d'une autre, ceux qui subissent des traumatismes du même acabit, cette année aura été marquée par la mort, à coup sûr.
Le lendemain de mon vingt-cinquième anniversaire, c'est ma famille qui a volé en éclats. Elle n'a jamais été très peuplée et je dois dire que je possède des membres particulièrement gratinés mais mes parents, mon frère et moi étions un noyau solide. Du moins je le croyais. Ma mère a quitté mon père et si mon frère lui en a énormément voulu, moi j'ai respecté son choix. Tout ce que je veux, c'est que tout le monde soit bien dans ses baskets. Les choses ne se sont hélas pas passées simplement et je crois pouvoir dire que mes parents m'ont bien pourri la vie entre mai et septembre. J'ai su des trucs que je n'aurais peut-être jamais voulu connaître et j'ai été témoin de comportements franchement navrants. Un mois sur deux j'ai l'impression que les choses vont mieux puis j'ai encore droit à des déceptions, c'est en dents de scie et ça m'agace.
Cela dit, j'aurais préféré que mes parents divorcent dix fois, être licenciée, ne pas trouver d'appartement, annuler mon voyage au Canada si ça m'avait permis de garder auprès de moi mon amie Noémie. Elle est partie ce 17 octobre et même si ça fait (déjà) plus de deux mois, il ne se passe pas une seule journée, un seul soir où, avant de m'endormir, je ne pense à elle. J'ai parfois encore du mal à réaliser mais quand je suis lucide, je sais simplement que je suis complètement déchirée, que jamais je n'ai ressenti une telle douleur. Je ne comprends toujours pas comment un tel concours de circonstances a pu la tuer, c'est d'une injustice inqualifiable. Je ne sais pas comment il est possible qu'on puisse mourir à 24 ans d'une maladie dont on ne meurt pas d'habitude. C'est tellement pas de bol qu'on en aurait vraiment bien ri si elle y avait réchappé mais non, il a fallu que ça lui tombe dessus. C'est juste pourri. Il y a tant de choses qui me font penser à elle que ça me fout en colère de ne plus lui envoyer arbitrairement "Espèce de vieille pute dégarnie" par texto ou encore prendre une photo d'une enseigne dans la rue qui me fait penser à ce qu'elle avait pu me dire la semaine d'avant. Je ne peux plus l'entendre dire "Bonjour" au téléphone avec sa façon bien à elle et encore moins la voir se marrer à gorge déployée quand on on lui balance une réplique de film bien placée. Parce que Noémie était l'une des personnes les plus drôles que je connaissais, ma plus vieille amie actuelle et l'un des deux meilleures, que c'était celle qui, je crois, me connaissait le mieux au monde et qui était toujours là, tout le temps et pour tout. Parce que je n'arrive pas à parler d'elle, même pas écrit, sans avoir les yeux remplis de larmes, qu'elle me manque et que je ne sais pas comment je peux vieillir sans elle. Parce qu'avoir vu son nom sur son cercueil et le voir encore et toujours sur cette plaque au colombarium me tue, et que même sur son lit d'hôpital j'aurais voulu pouvoir échanger des vannes avec elle, la voir rire et pas seulement branchée et tuyautée de partout, déjà partie bien loin de nous tous.
Le voilà donc mon bilan 2011. J'ai peut-être acheté un appartement de 80 m² et je suis peut-être partie en voyage à l'autre bout du monde, soit les deux seules choses positives de cette année de merde, mais je veux bien les rendre si je peux à nouveau dire à Noé que je ne mange pas de graines autour d'un Coca au Globe.
Alors pour 2012, je n'espère rien. Je veux simplement qu'on essaie tous de faire de notre mieux, sur tous les plans.

Fin décembre 2010, j'avais prévu plein de trucs pour finalement ne pas réellement tenir mes promesses. Ah j'ai bien perdu 4 kg (mais les ai sûrement repris avec ces dernières fêtes), réinvesti mon bureau après avoir déménagé et je suis quand même partie au Canada pendant l'été, mais j'ai eu tellement de désillusions à partir du mois de septembre que ça assombrit considérablement le tableau.
Ca a commencé avec mon boulot. J'aime toujours autant ce que je fais mais j'ai subi quelques déceptions, que ce soit au niveau de mon équipe, d'autres collègues en général et aussi des élèves. Vous allez me dire que quand on est ado, on ne supporte pas grand chose et c'est la vérité, mais me faire insulter et menacer par une petite raclure de bidet qui pète plus haut qu'elle n'a le cul a tendance à me procurer une rage immense. Ce qui m'a le plus énervée, c'est d'avoir eu la trouille de sortir de chez moi après l'intensité des mots prononcés (et l'attitude qui allait avec). Je dirais que c'est l'événement qui m'a le plus choquée depuis la rentrée scolaire parce qu'il y en a eu d'autres même si je n'ai pas directement été concernée. Disons que quand il arrive des choses graves aux élèves, ça nous perturbe forcément. Ca va des "simples" problèmes familiaux au suicide d'une ancienne élève, l'accident de la route mortel d'une autre, ceux qui subissent des traumatismes du même acabit, cette année aura été marquée par la mort, à coup sûr.
Le lendemain de mon vingt-cinquième anniversaire, c'est ma famille qui a volé en éclats. Elle n'a jamais été très peuplée et je dois dire que je possède des membres particulièrement gratinés mais mes parents, mon frère et moi étions un noyau solide. Du moins je le croyais. Ma mère a quitté mon père et si mon frère lui en a énormément voulu, moi j'ai respecté son choix. Tout ce que je veux, c'est que tout le monde soit bien dans ses baskets. Les choses ne se sont hélas pas passées simplement et je crois pouvoir dire que mes parents m'ont bien pourri la vie entre mai et septembre. J'ai su des trucs que je n'aurais peut-être jamais voulu connaître et j'ai été témoin de comportements franchement navrants. Un mois sur deux j'ai l'impression que les choses vont mieux puis j'ai encore droit à des déceptions, c'est en dents de scie et ça m'agace.
Cela dit, j'aurais préféré que mes parents divorcent dix fois, être licenciée, ne pas trouver d'appartement, annuler mon voyage au Canada si ça m'avait permis de garder auprès de moi mon amie Noémie. Elle est partie ce 17 octobre et même si ça fait (déjà) plus de deux mois, il ne se passe pas une seule journée, un seul soir où, avant de m'endormir, je ne pense à elle. J'ai parfois encore du mal à réaliser mais quand je suis lucide, je sais simplement que je suis complètement déchirée, que jamais je n'ai ressenti une telle douleur. Je ne comprends toujours pas comment un tel concours de circonstances a pu la tuer, c'est d'une injustice inqualifiable. Je ne sais pas comment il est possible qu'on puisse mourir à 24 ans d'une maladie dont on ne meurt pas d'habitude. C'est tellement pas de bol qu'on en aurait vraiment bien ri si elle y avait réchappé mais non, il a fallu que ça lui tombe dessus. C'est juste pourri. Il y a tant de choses qui me font penser à elle que ça me fout en colère de ne plus lui envoyer arbitrairement "Espèce de vieille pute dégarnie" par texto ou encore prendre une photo d'une enseigne dans la rue qui me fait penser à ce qu'elle avait pu me dire la semaine d'avant. Je ne peux plus l'entendre dire "Bonjour" au téléphone avec sa façon bien à elle et encore moins la voir se marrer à gorge déployée quand on on lui balance une réplique de film bien placée. Parce que Noémie était l'une des personnes les plus drôles que je connaissais, ma plus vieille amie actuelle et l'un des deux meilleures, que c'était celle qui, je crois, me connaissait le mieux au monde et qui était toujours là, tout le temps et pour tout. Parce que je n'arrive pas à parler d'elle, même pas écrit, sans avoir les yeux remplis de larmes, qu'elle me manque et que je ne sais pas comment je peux vieillir sans elle. Parce qu'avoir vu son nom sur son cercueil et le voir encore et toujours sur cette plaque au colombarium me tue, et que même sur son lit d'hôpital j'aurais voulu pouvoir échanger des vannes avec elle, la voir rire et pas seulement branchée et tuyautée de partout, déjà partie bien loin de nous tous.
Le voilà donc mon bilan 2011. J'ai peut-être acheté un appartement de 80 m² et je suis peut-être partie en voyage à l'autre bout du monde, soit les deux seules choses positives de cette année de merde, mais je veux bien les rendre si je peux à nouveau dire à Noé que je ne mange pas de graines autour d'un Coca au Globe.
Alors pour 2012, je n'espère rien. Je veux simplement qu'on essaie tous de faire de notre mieux, sur tous les plans.











Je te souhaite énormément de courage pour affronter cette épreuve pour les années à venir. Je t'envoie toutes mes petites ondes positives.
Des bisous.