
J'ai hésité à écrire cet article puisque je me doute qu'en ce moment, la France entière en soupe, du film Polisse. Je vais donc rester succincte, autant aller à l'essentiel.
Maïwenn Le Besco, je l'aime bien. Son travail m'attire et même si je n'ai vu que deux de ses films (Polisse, donc, et Le bal des actrices), je ne peux m'empêcher de la trouver singulière. Polisse, c'est un film d'observation pendant lequel on oscille tout le temps entre rires et larmes, c'est une tension de deux heures. Karin Viard, Marina Foïs, Joeystarr et les autres sont des acteurs suffisamment doués pour réussir à passer le cap du "simple" rôle puisqu'ils sont capables d'être convaincants dans des situations on ne peut plus réalistes, le film étant tourné comme un reportage. Je ne sais pas si vous me suivez mais moi, je trouve ça incroyable comme performance.
On le sait déjà, le film retrace le quotidien de la Brigade des Mineurs de Paris et on a droit à des affaires toutes aussi sordides les unes que les autres. On peut aussi bien être mort de rire quand on voit une gamine se faire interroger parce qu'elle suce pour récupérer son portable (ah oui mais c'est un très beau portable !) ou bien avoir la gorge franchement serrée quand une maman se sépare de son petit garçon pour que celui-ci arrête de vivre dans la rue avec elle. Et puis le montage est fait au hachoir (cet argument n'est en rien péjoratif) et, malgré tout, on a des bribes de vie des flics, on sait à peu près ce qu'ils vivent, comment et pourquoi. Je dirais que le personnage le plus complexe, ou le plus intéressant peut-être, est celui d'Iris, joué par Marina Foïs. Je pense que c'est du moins celui qui m'a le plus marquée, peut-être aussi parce que c'est celui qui a valu le plus de discussion entre mes compagnons de cinéma sur le chemin du retour. [ Spoiler - sélectionnez le texte pour lire ] C'est une femme anorexique qui se fait suffisamment de mal pour en faire également aux autres et se retrouver seule par la force des choses. Lorsqu'une adolescente accouche d'un mort-né issu d'un viol et qu'on lui demande de nommer l'enfant mais qu'elle n'y arrive pas, Iris prends la décision de lui donner son propre prénom. C'est une scène très particulière et je dirais que ça présage de la toute dernière scène du film quand Iris se jette par la fenêtre. [ Spoiler /off ] Quant à Maïwenn, elle joue elle-même dans son film, le rôle de Mélissa, une photographe qui doit réaliser un reportage pour le Ministère de l'Intérieur. Comme d'habitude, elle est un peu en retrait et c'est elle l'observatrice, une sorte d'inspectrice des travaux finis. Après réflexion, j'aurais tendance à appuyer l'avis du sieur Jean-Philippe Star quant au fait que l'histoire d'amour entre Mélissa et Fred (Joeystarr) prend sans doute un peu trop de place, il y a ce petit côté m'as-tu-vu et c'est un poil chiant. Mais ça n'enlève en rien le génial du film.
Enfin, une question que je me suis posée et on trouve la réponse sur Allociné dans les secrets de tournage, je me demandais le pourquoi du comment de l'orthographe de polisse. Je m'attendais éventuellement à un jeu de mot quelconque avec le verbe polir mais je n'y voyais aucun intérêt. En fait, c'est tout simplement police mais avec une faute d'orthographe intentionnelle, celle d'un enfant, et ça colle plutôt bien avec le sujet du film.
Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. C'est un très bon film, Polisse.









