Lundi 15 mars 2010 ♠ 15:32

Bobos de merde.

Je suis écoeurée.

Jusqu'à quand pouvons-nous supporter de faire des études que l'on aime ? Je m'explique : je suis dans une filière qui regorge de crétins qui pètent plus haut qu'ils n'ont le cul et vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me gonfle et m'écoeure. Si tu arrives en première année et que tu as le malheur de ne pas être calé en mythologie grecque, de ne pas connaître les 7 Merveilles du monde sur le bout des doigts ou encore si tu ne sais pas définir exactement le Quattrocento avant qu'un prof ne te l'explique, tu es considéré comme une merde par tes pairs. Merde, quand je vais à l'école c'est pour apprendre, pas pour entendre ce que je sais déjà, alors quoi ? Et quand tu poses une question, soit on ne te répond pas, soit on t'envoie directement bouler, ou bien on te répond mais en te montrant bien son air supérieur. Pas plus tard que ce weekend, j'ai un ami en L3 info. com., qui partage certains de ses cours avec des L3 histoire de l'art qui passent leur temps à se foutre de la gueule du monde, qui me racontait justement à quel point les mecs se prennent pour l'élite. J'ai bien envie qu'on se calme deux minutes, je ne vois vraiment pas en quoi savoir analyser un tableau ferait de moi une bourgeoise de haut niveau qui marche à dix mètres du sol. Bande de foutus abrutis, encore des baffes qui se perdent.

Dimanche 7 mars 2010 ♠ 14:34

La balade de Lénore, de Horace Vernet.

Cette nuit, j'ai fait un rêve un peu cinglé. Le genre de rêve qui me met mal à l'aise à mon réveil. Comme c'est chiant à expliquer et que ça ne vous intéresse pas, sachez simplement qu'il avait un rapport avec mon contrôle continu d'architecture moderne de demain et que, du coup, je suis gonflée à bloc pour le réussir. Non, non, ça ne me stresse pas du tout. Vous savez, je crois que j'ai trouvé le déclic pour recouvrer une motivation qui s'était grave effilochée depuis la fin de mes partiels de janvier. Ce déclic, c'est mon père. Avec ma mère, ils ne peuvent pas s'empêcher de me mettre la pression pour que je réussisse mon année (et mon permis, ma sécu, etc. - comme tous les parents, en fait) et je me sens souvent  mal à l'aise. La dernière fois que je suis allée chez mes parents, je tenais absolument à leur dire que je n'étais pas Einstein et qu'il fallait qu'il se mette dans le crâne une bonne fois pour toute que le niveau requis en licence d'histoire de l'art n'est pas le même qu'en CP et que non, je pouvais très bien ne pas y arriver. J'ai tellement bien réussi mon coup que j'en ai fichu un sacré au moral de mon père. A tel point que le lendemain de notre échange à ce sujet, j'étais au téléphone avec ma mère pour discuter de quelque chose qui n'avait rien à voir et il a pris le combiné et m'a dit de but en blanc : "bon Lucie, tu sais ce n'est pas grave si tu n'as pas ton année, tu feras autre chose, après tout ce n'est pas catastrophique..." avec une voix horriblement calme. Vous n'imaginez pas à quel point j'ai senti sa déception de la taille du continent africain, ça m'a tuée. Depuis ça (ça fait une semaine), je suis une vraie machine de guerre et si je n'obtiens pas mon année, franchement ça ne sera pas ma faute.


En tous cas, je vous l'avais promis, je vais vous parler de La balade de Lénore, de Horace Vernet. Ce sera assez rapide, je ne suis pas une encyclopédie alors je vous invite à visiter le Louvre, plein d'autres musées ainsi que lire des bouquins vachement intéressants sur plein de sujets différents. Je pourrais vous donner quelques références si vous le souhaitez. Vous avez vu comment je fais mon mauvais chameau, là ? Bon, voici la bête :

http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/VernetLabaladedeLenore.jpg
N'est-il pas un peu flippant, sur les bords ? Son auteur s'appelle donc Horace Vernet, c'est un peintre romantique né en 1789 à Paris où il est également mort 74 ans plus tard. Au départ, il est surtout un peintre militaire parce qu'il suit les traces de son père (Carle Vernet) et de son grand-père (Claude-Joseph Vernet). Il a été directeur de l'Académie de France à Rome de 1829 à 1834 et il a même occupé une salle entière lors de l'Exposition Universelle de 1855 (qui s'est tenue à Paris). Il a reçu la médaille d'honneur donc ça a joué sur sa popularité. Etc., etc.
La balade de Lénore, venons-y. Il a été peint en 1839 et il est conservé au Musée des Beaux-Arts de Nantes. Vernet a peint cette oeuvre en réponse à la ballade de Gottfried August Bürger écrite en 1773, traduite de l'allemand par Gérard de Nerval en 1830. Au Moyen-Âge, la jeune princesse Lénore voit partir, un matin, son fiancé avec quelques chevaliers vers une bataille. Les chevaliers reviendront plus tard mais seuls et à minuit, un chevalier sur un étalon noir se pointe et fait signe à Lénore de monter derrière lui. Croyant que c'est son beau fiancé, elle s'exécute et ils partent tous les deux chevaucher au clair de lune (c'est de toute beauté). Au bout d'un certain temps, ils arrivent dans un cimetière et alors qu'ils se trouvent près un monastère en ruine, le chevalier lève sa visière et laisse apparaître un squelette plutôt qu'un visage et prononce ces mots : "Les morts vont vite."
Autant vous dire que c'est tableau fait pour susciter l'effroi et la pitié.

Je ne peux que vous conseiller de lire cette ballade de Bürger dont la traduction de Nerval est écrite en vers. Il a aussi écrit une chouette version du Baron de Münchausen (cliquez sur le tableau).

Voilà les amis, à bientôt pour un nouveau tableau.





Petite remarque d'un point de vue orthographe parce que j'ai galéré comme une rate : une balade, une promenade, ne prend qu'un seul L tandis que la ballade, la chanson, s'écrit de cette façon. N'est-ce pas prodigieusement pénible ?
Hier soir, pendant que la plupart des français ont regardé la reconversion télévisuelle de Valérie Damidot (il paraît que la chaîne a fait une très bonne audience), je me suis calée devant Des racines et des ailes sur France 3 pour écouter mon prof d'histoire de l'art médiéval parler des châteaux bretons. On pensait que l'émission avec lui passerait en janvier et puis ça ne s'était pas déroulé comme prévu, j'ai appris par hasard que l'émission était finalement hier soir. La Bretagne, pour y avoir passé quelques années en vacances, je n'ai jamais été fan parce que je n'ai que des mauvais souvenirs à cause du temps qu'il a pu faire. N'y voyez pas un banal cliché mais je ne me rappelle décemment pas d'un soleil radieux et d'une chaleur accablante. Je n'y suis jamais retournée depuis (sauf si vous considérez Nantes comme une ville bretonne). Enfin bref, il était intéressant de voir les lieux d'habitation de Gilles de Rais (château en ruine de Machecoul), d'Anne de Bretagne (château des Ducs de Bretagne à Nantes) ou encore les spectacles historiques de Vitré.

Il n'empêche qu'au cours de la journée, rien ne s'est passé comme prévu. J'avais un D.S. d'archéologie à 16h et j'avais donc l'intention de bosser quelques heures à la B.U. après mes 3h de technique et théorie en histoire de l'art et puis en arrivant à la fac à 9h30, j'ai constaté que mon devoir était reporté à la semaine prochaine. Après-midi de libre, free vacation ! Donc je l'ai passé à boire le thé chez ma meilleure amie qui fête aujourd'hui ses 22 ans. Et alors ce cours de technique et théorie, quel bonheur ! Surtout la deuxième partie, quand on a parlé de peinture. Le cours portait sur Girodet, le romantisme, Ingres et l'ingrisme au grand désespoir de Margaux. Concernant ce courant qu'est le romantisme, je suis un peu à la rue car c'est un peu trop récent à mon goût. Nous avons, entre autres, étudié un tableau qui s'appelle Classique et romantiques, peint en 1832 par Prosper Debia et qui est conservé aujourd'hui au musée Ingres à Montauban.

http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/DebiaClassiquesetromantiques-copie-1.jpgCliquez pour voir en un peu plus grand...

Le prof nous a d'abord demandé d'observer ce qui se passait sur cette toile et je dois dire que j'étais totalement à côté de la plaque, j'ai simplement pensé le contraire de ce qu'il nous expliqué (ça m'apprendra à réfléchir plus de dix secondes). Commençons par le commencement : le courant romantique débute en France pendant la Restauration et la monarchie de Juillet (1830-1848) et réagit vivement contre le courant dit classique jugé bien trop académique. Delacroix ou encore Géricault sont des peintres romantiques et on observe la même chose en littérature avec Chateaubriand, Musset ou bien Lamartine. Avant ça, il y avait le néoclassicisme, soit ma période préférée. C'est un courant qui se tient entre 1750 et 1830, soit une ère qui peut paraître courte pendant laquelle se sont illustrés le grand Jacques-Louis David, Gros, Ingres, et bien d'autres encore. Le but est la recherche d'un idéal, l'artiste souhaite l'excellence en représentant des figures gréco-romaines dans des scènes mythologiques et bibliques. Je vous avouerai que c'est assez difficile à expliquer et je ne suis pas sûre d'arriver à mes fins.

Toujours est-il que Debia a peint Classiques et romantiques en 1832 et qu'il avait un peu envie de se faire fighter les deux courants. Premièrement, le tableau se divise à la verticale en deux grosses parties. Les romantiques sont devant et les classiques sont derrière. En n°1, il y a un temple antique et des gens sont tout devant, ainsi que d'autres faisant la ronde un peu plus sur la droite. Tous ceux-là sont baignés dans la lumière. Même si cette représentation est fort petite, devant le temple on remarque que c'est la scène de L'Apothéose d'Homère de Ingres et la ronde, la danse des nymphes. Comme tout ceci respire l'antiquité, n'est-il pas ? En n°2, les romantiques sont propres sur eux, bien habillés, ils étudient les ruines antiques afin de les faire renaître. Tous ceux-là sont recouverts par la brume. D'ailleurs, au-dessus de mon n°3, nous pouvons apercevoir (difficilement, je sais) un être cornu. Horreur, malheur, c'est le diable et autour de lui se déroule une scène spéciale, une danse de Sabbat. She's a witch ! She turned me into a newt ! Pardon, je me perds. Et puis Dieu est le n°4, une main vers les romantiques à leur jeter de la vilaine brume et l'autre baignant de lumière les classiques. Voilà, vous y êtes, il condamne les romantiques à l'Enfer. Quelle belle scène religieuse !

Voilà, c'est merveilleux, j'adore ce tableau. Bientôt, je vous parlerai de La balade de Lénore, de Vernet. Je me réconcilie avec le romantisme.

Jeudi 25 février 2010 ♠ 12:32

Résultats de partiels et Shutter Island.

J'ai enfin eu mes résultats de partiels du premier semestre, ce n'est pas dommage ! Je n'irai pas jusqu'à dire que je les attendais avec impatience mais tout de même, on pourra dire que l'administration aura pris son temps. Comme je suis quelqu'un de lucide et non pas une fausse modeste, je savais à quoi m'attendre et je n'ai pas été surprise. Je n'ai donc pas validé mon semestre mais j'ai tout de même validé 2 UE sur 6, ça n'en fera que 4 au rattrapage. C'est assez con mais ce dont je suis le plus fière là-dedans, c'est d'avoir validé la philo. J'avais une petite revanche de ce côté-là et même si je n'ai pu assister à aucun cours, j'ai mis du coeur dans ma copie et je voulais écrire quelque chose de cohérent. Je m'en suis donc sortie avec un 11/20, note que je n'ai jamais eue en dissertation au lycée, ça c'est sûr (j'ai même eu 7 au Bac donc vous voyez). Aurais-je raté ma vocation ? Bien sûr, je plaisante. J'ai eu des notes au ras du plancher en ce qui concerne les 4 autres UE, ça m'emmerde moins que si j'avais eu des notes proches de 10, j'aurai moins de haine à assister au rattrapage. Enfin bref, advienne que pourra au deuxième semestre !
 

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http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/martinleo.jpg
En attendant, tout ceci ne m'a pas empêchée d'aller voir le dernier Martin Scorcese hier soir, Shutter Island ! Et euh... j'en écrirais bien des tonnes car franchement, il y a plein de choses à dire, mais je préfère me taire et vous sommer de courir au cinéma pour le voir. Il est vraiment mortel. Leonardo DiCaprio est un p*tain de bon acteur, il n'y a pas à dire.
J'ai définitivement décidé que j'allais dorénavant me couper les cheveux moi-même. Quand on y pense, ce n'est pas sorcier, il suffit d'avoir les cheveux mouillés et bien démêlés, une raie au milieu et une bonne paire de ciseaux, et voilà le travail. Au moins, quand on veut simplement se les faire ébouter on s'épargne une vingtaine d'euros chez le coiffeur. Bien sûr, je ne me ferai pas un carré plongeant, je ne suis pas complètement inconsciente. Je crois qu'on doit arrêter d'avoir peur et s'y mettre un bon coup. Au pire, si j'avais raté mon coup, j'aurais attaché mes cheveux en continu (encore faut-il les avoir longs, c'est sûr, mais je n'ai pas ce problème).

Alors vous me direz, qu'est-ce qu'on s'en fout de tes histoires de cheveux, ma pauvre fille ! Et vous n'aurez pas tort. Mais j'aime les introductions désuètes pour parler de choses qui n'ont rien à voir. A savoir mes dernières acquisitions livresques. Ce n'est pas comme si ma bibliothèque regorgeait de livres non lus mais c'est dû à ma vitesse d'escargot, suffisamment de gens me blâment pour cet horrible défaut (que je ne corrige pas, avouons-le). Voici donc le tout en images :

http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/perouse.jpg

Mais qu'est-ce que c'est que cette bête-là ? L'architecture à la française, de Jean-Marie Pérouse de Montclos. Le b-à-bas de l'architecture moderne et croyez-moi, j'en ai besoin au cours de ma licence. Alors pas forcément en première année, on peut très bien le consulter à la BU (quoique consulter deux exemplaires pour 360 étudiants relève de l'expédition). Il faut savoir que c'est un ouvrage quasiment introuvable, du moins à un prix correct. En moyenne, il vaut 60 € neuf mais je l'ai trouvé d'occasion à 40 €, je suis très contente ! Je suis retournée sur Amazon pour l'image ci-dessus et j'ai vu qu'ils en avaient un nouvel exemplaire neuf à presque 80 € !!! N'importe quoi !!!


http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/calmel.jpg

Les seuls bouquins de Mireille Calmel que je n'ai pas lus. J'ai commencé par Lady Pirate, j'ai embrayé par Le Bal des Louves et là, je suis sur Le Chant des Sorcières pour ensuite continuer avec La Reine de Lumière mais Le Lit d'Aliénor, c'est un must have dans la littérature calmelienne (ah oui, faut aimer les romans historiques sinon ce n'est pas la peine).


http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/tolstoi.jpg

David
m'a regardée déballer mon colis et il pensait qu'un livre recueillait les deux tomes... ha ha ha, naïf ! Et je suis diablement masochiste. Mais j'ai vu la lumière, Léon Tolstoï m'est apparu et m'a demandé de lire son oeuvre. Alors j'obéis, je suis une bonne fille.




Aujourd'hui, j'étais à la fac et, pour la première fois de ma vie, je me suis passionnée pour un cours d'archéologie. Je me suis alors rendu compte d'un truc : l'archéologie subaquatique et sous-marine, c'est vraiment génial. Surtout quand on cherche les cargaisons de navires antiques et vikings. Ah et il faudra que je vous parle bientôt du Vampire de Ropraz de Jacques Chessex que je viens de finir de lire. Il est assez énorme ce bouquin.

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