Les joies du cinéma c'est que parfois, même s'il nous prend la rudement bonne idée de consulter la critique, on peut être fortement surpris. Le fait est qu'il ne faut jamais nous emballer trop vite, il faut peser le pour et le contre, surtout quand on se déplace et qu'on paye (une somme astronomique mais c'est un autre débat). Il est affreusement frustrant de payer sa place de cinéma pour voir une sombre bouse qu'on aurait pu voir chez soi, dans son canapé, en ayant obtenu le fichier illégalement. La faute à qui ? A ces réalisateurs qui auraient bien besoin d'arrêter d'aller chasser le dragon au moment où ils pondent leurs idées de merde.
Prédictions
Alex Proyas (2009)
Prédictions, d'Alex Proyas. Il y avait Nicolas Cage et visiblement une bonne trame fantastique mais c'est un leurre, on nous ment. Nicolas Cage devrait faire comme Samuel L. Jackson quand il a tourné dans
Des serpents dans l'avion : s'excuser. Son compte en banque devait vraiment hurler famine pour accepter cela, c'est inadmissible. C'est dommage, ça commencait pourtant bien ! Lors de la cérémonie du cinquantième anniversaire de l'inauguration d'une école primaire, on déterre une capsule temporelle dans laquelle sont conservés les dessins des enfants 50 ans plus tôt lorsque leur institutrice leur avait demander comment ils voyaient le futur. Caleb (Chandler Canterbury), le petit garçon de John Koestler (Nicolas Cage), astrophysicien (ou quelque chose de cette trempe), détient une feuille sur laquelle ne sont inscrits que des chiffres à défaut d'une soucoupe volante rose et violette. Je vous passe les détails mais au fil du film, on découvre que les chiffres correspondent à des dates qui elles-mêmes correspondent aux événements les plus meurtriers des 50 dernières années. Jusque là, ça paraît plutôt sympa, une petite fille a des dons de voyance et se prend pour Nostradamus et puis tout dérappe. Premièrement, même si on peut passer outre, ce film contient tous les affreux clichés du genre : le père veuf qui élève seul son fils et qui est le plus grand athée de la planète (de par son métier ? Sûrement...) qui se laisse aller depuis la mort de sa femme, les catastrophes horribles qui n'arrivent qu'aux Etats-Unis, j'en passe et des meilleurs. Ensuite, dès le début du film, on sait que John Koestler est un athée profond alors on se dit que, forcément, il y a anguille sous roche. C'est un film américain parlant de catastrophes naturelles, le mec ne peut pas être athée bien longtemps, c'est impossible. Gagné, ce putain de long métrage est truffé de références bibliques : les quatre cavaliers de l'Apocalypse, Adam et Eve, le jardin d'Eden, etc. Histoire de ne pas mourir idiot, on vous balance aussi des petites histoires d'extraterrestres et d'élus afin de mixer toutes les atrocités contenues dans ce genre de films. Au final, ça ne ressemble plus à rien, l'intrigue se barre en sucette et on ne sait plus vraiment de quoi il est question. J'ai envie de dire que le seul avantage de ce film tient dans ses scènes très impressionnantes, notamment celle de l'avion qui se crash au-dessus de l'autoroute et celle du rêve (plus ou moins...) de Caleb, lorsqu'il regarde par la fenêtre de sa chambre et que la forêt n'est plus qu'un brasier laissant s'échapper quelque faune enflammée.
N'y allez pas, c'est une merde.
Joyeuses funérailles
Frank Oz (2007)
Heureusement, nous avons un ordinateur et un canapé, ce qui nous remonte le moral avec une petite perle très british,
Joyeuses Funérailles de Frank Oz (
The Score, le génial
In & Out avec Kevin Kline,
Dark Crystal, etc.) dont la trame se déroule lors de l'office funèbre du père de Daniel et Robert (Matthex MacFadyen qu'on peut voir aussi dans
Orgueil et Préjugés, et Rupert Graves). Toute la famille et les amis se réunissent dans la demeure familiale où ne se déroulera que catastrophe sur catastrophe. Entre Robert, le fils prodigue écrivain qui s'est exilé à New York et qui ne peut s'empêcher de se sentir bien meilleur que son frère Daniel ; la cousine Martha qui doit gérer son père psychorigide et son petit-ami qui a avalé une pilule hallucinogène par erreur, et l'amant du défunt, tout tourne autour d'un humour noir et forcément anglais. C'est une petite merveille !
Dikkenek
Olivier Van Hoofstadt (2006)
Pour finir, faisons-le avec de l'humour belge parce qu'il n'y a que ça de vrai, j'ai nommé
Dikkenek (prononcé Diquénèque) d'Olivier Van Hoofstadt qui ne raconte pas vraiment grand chose si ce n'est les tribulations de Stef et de J.-C., respectivement grande gueule à deux balles et séducteur looser. Leur quête (sans réel but) est truffée de personnages qui vont, au choix, les emmerder ou leur faire passer de bons moments. Il y a un casting de malade : Dominique Pinon (le roi des seconds rôles qu'on trouve un peu partout), Jérémie Rénier, Marion Cotillard, Florence Foresti, Mélanie Laurent, Catherine Jacob et le grand François Damiens, le roi des caméras cachées belges insupportables (il sévit notamment sur Canal +). Manquait plus que Benoit Poelvoorde mais à la limite, c'aurait été trop évident. Alors on regarde et on adore parce que nous, l'humour noir et beauf, on est fan.