Je l'ai voulu depuis des années, je l'ai attendu en théorie tout autant de temps et en pratique environ deux mois. Le 16 mars dernier a eu lieu le concert de KT Tunstall à la Cigale à Paris et on pouvait s'y procurer l'album live de la tournée enregistré à Londres. Déjà. Sauf que moi, je n'avais pas mes sous sur moi alors je me suis dit que j'allais le commander sur Internet. Oui mais voilà, après avoir passé commande, il y a eu rupture de stock et je recevais un email de temps à autre pour me dire de ne pas m'inquiéter, que j'aurai mon exemplaire sous peu. Les deux mois passés à l'attendre impatiemment auraient peut-être pu servir à améliorer le double album. OH MON DIEU, EST-CE LA UNE BAD CRITIQUE ABOUT KT TUNSTALL ? D'un coup vous êtes impressionnés, je le vois bien.

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Plus sérieusement, même si j'ai été contente de retrouver l'ambiance du concert (même si c'est bien amoindri quand on laisse passer autant de temps), j'ai pu constaté tous les défauts. A force d'avoir des cœurs dans les yeux, on ne se rend plus compte de certaines choses, comme le fait que si, KT Tunstall est tout à fait capable de chanter faux. En fait. Finalement. Ca reste quand même assez rare (et heureusement, sinon les boules) mais je dois dire que ça m'a fait drôle de l'entendre déraper dès les premières vocalises du tout premier morceau de l'album, Come On, Get In. A un autre moment aussi, toujours sur ses expériences ethniques vocales. Ce sont les deux fois qui m'ont choquée. Je lui pardonne.

Le problème avec cet album (ce double album, il y a deux CD, il faut que j'apprenne à parler), c'est qu'il n'est pas, je pense, très bien mixé. On s'en est rendu compte déjà au concert, il n'a clairement pas été retravaillé (je ne vois pas quand ça aurait été fait vu que le concert à Londres était le 8 mars, je crois, et qu'on pouvait avoir l'album le 16) et je trouve ça dommage parce que personnellement, ça ne me dérange pas du tout d'attendre un peu pour avoir un bon truc. Je sais tout à fait être patiente quand le jeu en vaut la chandelle. Du coup, j'aurais aimé entendre un peu moins la guitare de Kate au profit de celle de Charlotte et il en va de même pour les chœurs, j'aurais aimé les entendre davantage, d'autant qu'ils sont très importants.

Petrif, lui, a une sainte horreur de l'ajout du synthé dans cette nouvelle version live de KT Tunstall. C'est surtout marqué pour Saving My Face, le synthé double la guitare, on n'entend que ça. Personnellement, ça ne me dérange pas tant que ça reste exceptionnel. Je pense que je pourrais être très triste si KT Tunstall s'amusait à prendre définitivement le virage de la pop culture quand on sait qu'elle a démarré avec un folk tendre et moelleux adoucit au feu de bois. On va dire que je suis pour les expériences et l'évolution, je suis curieuse, même si je garde mes préférences.

Ce live 2011 nous propose un son vachement épuré, je ne peux pas m'empêcher de le comparer à une décoration d'appartement de type suédois, ne me demandez pas pourquoi. De toute façon, avec Tiger Suit et la tournée qui s'en suit, j'ai forcément une impression de grand nord. Ce n'est pas désagréable, on entend bien chaque instrument (même s'il faut tendre parfois l'oreille comme je l'expliquais pour le problème de mixage) et ça peut alors ravir les ouïes mais il est vrai que j'ai tendance à préférer les grosses associations bien compactes qui donnent plein de puissance.

Dans l'ensemble, ce n'est peut-être pas un live que j'écouterai en boucle parce que je suis sans doute un poil déçue, mais j'ai quand même beaucoup de plaisir à écouter Black Horse and the Cherry Tree que KT Tunstall débute seule avec sa guitare et ses boucles puis la termine avec tout le groupe qui envoie du gras derrière. J'aime également beaucoup Saving My Face, Golden Frames et (Still A) Weirdo. Voilà ! Alors si vous souhaitez obtenir ce double album live, c'est par ici que ça se passe.

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Mardi 31 mai 2011 ● 12:28

Avant toute chose, j'ai une pensée pour l'Elysée Montmartre, superbe salle de concert qui a brûlé ce matin. C'est une tragédie pour le monde du spectacle et j'espère qu'elle pourra s'en relever.

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Charlotte Hatherley
est une femme très intéressante. Déjà, c'est une femme, donc ça commence bien. Ensuite, elle est guitariste, ce qui est une très bonne chose. Et puis elle a maintenant les cheveux rouges, frôlant ainsi la perfection. Non, ce n'est pas la nouvelle idole devant l'autel de laquelle je sacrifierai un agneau pure et chaste, mais je dois dire qu'elle est très intéressante (déjà dit).
C'est la nouvelle guitariste de KT Tunstall. Elle est - bien entendu - britannique et bien qu'elle soit reconnue en tant que telle, avant elle faisait partie du groupe irlandais Ash dans les années 90. Elle officie en solo depuis quelques années maintenant et elle a déjà sorti trois albums. Malgré son faux air d'Elise Larnicol, je la trouve plutôt cool (Elise Larnicol aussi, n'allez pas croire, Hémiplégiane forever). Elle n'est pas tartignole et mine de rien, en musique c'est assez rare des filles dignes de ce nom. Donc je partage.

N'oubliez pas : les Britanniques domineront le monde.







Mardi 22 mars 2011 ● 12:53

Je fais un boulot qui nous permet quand même d'être vachement libres. Si on a besoin de prendre une journée ou une soirée, on peut aisément se faire remplacer par un de nos collègues sans que ça n'ennuie nos chefs, personne ne nous met des bâtons dans les roues et nous sommes plutôt solidaires entre nous. C'est la deuxième fois de l'année scolaire que je demande à des collègues d'échanger nos services et c'est forcément pour la même chose : aller à un concert. Et oui, je peux m'absenter pour des raisons personnelles, et ça fait d'ailleurs bien marrer tout le monde. Quand je suis revenue travailler jeudi soir, trois de mes collègues m'ont accueillie avec le Signe de Ralliement Metal et ça m'a fait plaisir. J'ai senti que j'avais accompli quelque chose de grand dans ma vie.

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Mercredi soir et pour la troisième fois de mon quart de siècle sur cette terre, j'ai bougé mon boule jusqu'à Paris pour aller voir KT Tunstall. Le concert se passait à la Cigale, dans le quartier de Pigalle. Sur le même boulevard se trouvent la Boule Noire (où se déroulait un concert de Moriarty) et l'Elysée Montmartre (là, c'était Sonata Arctica - OMG). En réalité, avec toutes ces boutiques musicales et hormis les sexodromes ambulants, c'est un quartier vraiment fantastique.
Madame Tunstall a donc consacré sa tournée Tiger Suit à son unique date française et le choix de la salle était plutôt chouette car elle n'accueille pas un monde infini (comptez un petit millier de personnes) et moi, j'aime bien ce genre d'ambiance. Alors, bon, comme d'habitude, je ne serai pas objective en vous disant que le concert était fabuleux, extraordinaire et totalement magnifique. Mais tout de même, sachez que ce concert était fabuleux, extraordinaire et totalement magnifique. C'est assez incroyable la passion que j'éprouve pour cette femme. Je lui voue une grande admiration, c'est fou.

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Avant que KT Tunstall et ses musiciens n'arrivent sur scène, nous avons pu constaté la configuration de celle-ci et après une brève étude, j'ai compris qu'il n'y aurait pas de choristes. Rappelons que deux jeunes femmes faisaient les chœurs lors de la précédente tournée et ça ajoutait un petit plus. Pour le coup, l'album Tiger Suit étant extrêmement riche en chœurs et vocalises diverses et variées, j'ai éprouvé un petit sentiment d'incertitude, je l'admets sans honte. De plus, comme je vous l'ai signifié il y a quelque mois lors de ma critique sur le nouvel album, Sam Lewis, le guitariste, et Arnulf Lindner, le bassiste, ont laissé leur place à deux nouvelles recrues : Charlotte Hatherley, ancienne guitariste de Ash (je consacrerai un prochain article sur cette flamboyante musicienne), et Rej Ap Gwynedd. Ça peut paraître sans doute un peu con mais je suis assez contente que, pour une fois, une femme au sein d'un groupe ne soit pas nécessairement préposée à la basse. C'est tellement courant ! Mais c'est personnel. Bref, ce sont ces derniers qui se sont occupés des chœurs, avec l'aide de Kenny Dickenson et Luke Bullen (respectivement clavériste-trompettiste-percussionniste et batteur) bien entendu. Ce fut une très bonne surprise et malgré un mixage un peu particulier, on entendait moins bien Charlotte et Rej, j'étais très satisfaite du résultat. Quoiqu'il en soit, contrairement à l'ambiance folk et feutrée du tout premier album, là KT a envoyé du bois, si je puis me permettre. C'était péchu, énervé et rock'n'roll, à en faire trembler le sol de la Cigale (en même temps, vous verrez qu'il n'y a pas de mal si vous connaissez la salle). J'aurais sans nul doute aimé que le concert dure plus longtemps car il était plutôt court, mais c'était tout à fait respectable. Ils ont joué tous les morceaux de Tiger Suit sauf The Entertainer et je sais que certains de mes congénères fans auraient aimé entendre plus d'anciens titres. En ce qui me concerne, ça ne m'a pas dérangée, bien au contraire. Il y eut aussi quelques petites surprises, notamment cette version esseulée de Other Side of the World pendant laquelle KT s'en arrangeait avec simplement sa voix, son clavier et son si chouette looper.

Voici donc la setlist :

01. Come On, Get In - Tiger Suit, 2010
02. Glamour Puss - Tiger Suit
03. Uummannaq Song - Tiger Suit
04. Universe & U - Eye to the Telescope, 2005
05. If Only - Drastic Fantastic, 2007
06. Other Side of the World - Eye to the Telescope
07. The Punk - titre inédit
08. Black Horse and the Cherry Tree - Eye to the Telescope
09. Difficulty - Tiger Suit
10. Lost - Tiger Suit
11. Golden Frames - Tiger Suit
12. Saving My Face - Drastic Fantastic
13. Madame Trudeaux - Tiger Suit
14. Push That Knot Away - Tiger Suit
15. Fade Like a Shadow - Tiger Suit

Rappel :

16. Still a Weirdo - Tiger Suit
17. Close to Me - The Cure cover
18. Suddenly I See - Eye to the Telescope


En ce qui concerne la première partie, elle a été assurée par un mec trop fort qui s'appelle Johnny Lynch et qui est à la source d'un projet musical appelé The Pictish Trail. Au tout départ, j'ai un peu flippé quand je l'ai vu se placer derrière son clavier et balancer un vieux son électro dégueulasse, j'ai eu quinze secondes pour réaliser que KT Tunstall nous avait choisi un DJ ignoble. Et puis en fait, c'était une blague. C'est un mec hyper drôle avec un côté Jack Black non négligeable et qui m'a fait passé un très bon moment. Il avait des chouettes chansons très axées folk anglais mais il les ponctuait toutes par des vannes à deux balles. Beaucoup d'artistes font des traits d'humour et d'esprit sur scène mais je dois avouer qu'il y avait quelque chose de différent en lui. J'ai beaucoup apprécié son travail et je compte approfondir mon écoute ces jours prochains. Lors du rappel de KT Tunstall, il l'a accompagnée pour la reprise de Close to Me, kazoos à l'appui. C'était vraiment cool. La dimension amicale, sincère et passionnée s'est véritablement ressentie tout le long du concert de toute façon et ça procure un plaisir fou.

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Et puis comme un bonheur n'arrive jamais seul, à nouveau nous avons attendu KT Tunstall après le concert qui s'est joint aux quelques chanceux qui ont eu l'idée de rester. Elle a pris le temps de signer des autographes à tout le monde et de prendre des photos avec ses fans, autant vous dire que j'ai encore gagné le jackpot (j'ai suffisamment inondé Facebook avec mes photos). Telle une gamine de 13 ans rencontrant son chanteur préféré, j'ai été super fière d'avoir échangé quelques phrases avec elle. Parce que oui, quand tu dis quelque chose à KT Tunstall, KT Tunstall te répond. Elle le fait de plus toujours en souriant et c'est plaisant et soulageant de voir un artiste qui reste aussi près de ses fans. Moi, ça me chamboule.

Je me permets de vous mettre quelques vidéos du concert que j'ai trouvées sur YouTube. Nous sommes loin de la qualité HD officielle et compagnie, bien entendu, mais le son et l'image sont plutôt bons pour le matériel amateur utilisé (enfin je suppose). Vous avez d'ores-et-déjà pu voir et entendre Lost deux articles plus bas.





Samedi 19 mars 2011 ● 17:36

Il y a cinq mois, souvenez-vous, l'amoureuse transie en détresse que j'étais se demandait où pouvait bien se trouver l'une des amours de sa vie et ça commençait sérieusement à m'inquiéter. J'ai bien fait de m'en faire puisqu'une fois l'été passé, j'apprenais la sortie du nouvel album de KT Tunstall, Tiger Suit, dans les semaines à venir. Mon hibernation tunstallienne a pris fin avec grand plaisir et non sans excitation. De quel type de bébé allait-elle accoucher cette fois-ci ?

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Je crois que je me souviendrais toute ma vie de la première fois où je l'ai entendue. Ce fut une révélation, je suis toute de suite tombée amoureuse de sa musique, de sa voix, de son personnage, de ce qu'elle dégageait. C'était en 2005, j'avais 19 ans, je trainais nonchalamment sur mon ordinateur entre deux révisions pour le bac à la recherche de choses et d'autres sympathiques à écouter. Je suis tombée sur Black Horse and the Cherry Tree en version acoustique, celle que KT Tunstall jouait seule avec sa Gibson Dove et ce merveilleux outil qu'est la pédale looper. Peu de temps après - voire au même moment, je ne me souviens plus très bien - la chanson passait à la radio dans sa version prévue à cet effet. J'ai attendu la sortie de son premier album (en avril, je crois), Eye to the Telescope avec grande impatience. Et puis je me suis jetée dessus. J'étais un peu navrée car, comme à chaque fois que je suis fan de quelqu'un je saoule tout mon entourage avec et, autant tout le monde connaissait Bon Jovi, autant c'était déjà plus compliqué avec KT Tunstall. Alors je ne pouvais partager ça avec personne. C'était sans compter sur ma copine Edwige qui a des goût musicaux qui se rapprochent des miens. C'est donc naturellement avec elle que je me suis rendue un an plus tard à son deuxième concert français à l'Olympia. C'était vachement bien, bien sûr.
Sur Eye to the Telescope, dorénavant tout le monde connaît Black Horse and the Cherry Tree et tous les abonnés d'Alice-ADSL l'ont détestée à mort s'ils ont été obligés d'avoir affaire à la hotline. Il y a aussi Suddenly I See qui a été matraquée sur les radios et utilisée comme intro pour le film Le diable s'habille en Prada. Cela dit, Other Side of the World, Under the Weather ou encore Another Place to Fall sont aussi sorties en singles mais on les a beaucoup moins (voire pas du tout) entendues en France. Avant que je ne prenne Bloody Lucy comme nom de domaine, il fallait taper minor-catastrophes.cowblog.fr dans la barre d'adresse pour arriver jusqu'ici (enfin c'est encore possible, cela dit) et ce pseudo venait de la chanson Miniature Disasters, toujours sur le même album, une chanson qui me correspond plutôt bien.
Eye to the Telescope était un album qui s'inscrivait dans une lignée acoustique et KT Tunstall a été comparée à des auteurs-compositeurs de la veine de Norah Jones et Katie Melua.

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Oui mais voilà, la tranquillité, ça va bien un moment. Les gens ignorent que miss Tunstall (enfin devrais-je plutôt Madame Bullen mais je ne suis pas là pour vous dire qu'elle s'est mariée l'année dernière avec son batteur, d'autant que vous vous en foutez et moi aussi, on est là pour parler musique, nom de dieu) a un potentiel rock assez étendu. Quand bien même, le jour où j'ai vu sa première prestation à Taratata, j'ai carrément halluciné, c'était simplement magique. J'avais des étoiles plein les yeux, c'est comme si j'avais 5 ans et qu'on m'offrait la poupée de mes rêves. Et puis j'aime bien la touche qu'elle donne à ses covers, que ce soit pour I Want You Back des Jackson 5 comme pour My Sharona des Kinks.
En 2007, on dégaine les Gretsch en plus des Gibson folks et c'est Drastic Fantastic qui sort, plus électrique et moins cocooning (je passe sur la compile officiellement acoustique qu'elle a sortie en 2006, Acoustic Extravaganza, album que j'écoute le moins car il m'ennuie un tantinet, je l'avoue). C'est un album qui, à mon sens, est passé plutôt inaperçu en France comparé au premier. Je ne sais pas si c'est normal mais peu importe, au moins je suis tranquille : les radios diffusent peu ou pas les nouveaux morceaux, aucun risque de voir KT Tunstall se faire méchamment dénaturer. Le premier single s'appelle Hold On mais cette chanson est loin d'être ma préférée de l'album. J'aime l'entrée en trombe avec Little Favours mais le choix du coeur porte sur Funny Man, Saving My Face et sur la sublime montée en puissance de Beauty of Uncertainty. Vous vous doutez bien que je suis retournée la voir en concert, avec Petrif cette fois-ci, au Casino de Paris. J'en parle d'ailleurs dans cet article.

http://www.bloodylucy.com/images/BLOODYLUCY/KTTunstallTigerSuit-copie-1.jpgL'année 2009 et le début de celle-ci furent difficiles, j'avais besoin de nouveauté. Tiger Suit est sorti le 27 septembre au Royaume-Uni mais seulement le 25 octobre en France. Petrif m'a fait un beau cadeau !
Cet album est, en beaucoup de points, différent des deux premiers. KT Tunstall a presque abandonné sa ferveur acoustique pour un son toujours rock agrémenté d'un soupçon d'électro sauce british - donc c'est forcément bien (avez-vous oublié que je suis une fervente admiratrice du rock anglais ?). Entrons enfin dans le vif du sujet et ce n'est pas dommage diront ceux que le début de cet article aura profondément ennuyés (je vous présenterai bien mes excuses mais je n'en ai pas envie, uh uh). KT s'est séparée d'une partie de son groupe : le guitariste Sam Lewis et le bassiste que j'affectionnais particulièrement Arnulf Lindner (ma photo avec lui, ma plus grande réussite) ont été respectivement remplacés par Charlotte Hatherley (girl power !) et Rej Ap Gwynedd, alors j'attends de voir même si ça m'attriste un peu.
Mon premier contact avec Tiger Suit s'est effectué avec mon oeil torve sur une pochette qui ne me plaisait guère. Une KT Tunstall dans une posture fort simple, en noir et blanc, avec un grand espace libre sur le quart de l'illu', ça m'a un peu foutu les boules. En ouvrant l'album, on trouve un petit paragraphe que voici :

There's a tiger in the garden. I walk over, stroke it's head. It doesn't seem to mind. I go back inside, and only then find myself siezed by fear as I look from behind the safety of glass at what could have killed me.

Was I wearing armour ? Was I a tiger too ?


Quel mystère ! On pourrait se dire que ça y est, KT Tunstall s'est endormie avec Lucy in the Sky with Diamonds tournant en boucle et s'est réveillée avec d'étranges idées. C'est vrai, depuis quand trouve-t-on des tigres dans les jardins écossais ?
Je suis Gémeaux donc je suis très curieuse par nature. J'ouvre les derniers battants de l'album (je ne vous l'ai pas dit mais j'ai l'édition collector) et j'aperçois une grosse tête de tigre et une KT avec une tête de tigre sur le crâne crayonnés. Le titre, Tiger Suit, prend tout son sens mais il n'explique toujours pas la simplicité du dessus de la pochette. Je remets ma compréhension à plus tard et j'écoute le disque. Uummannaq Song démarre et me met tout de suite d'accord. Je frissonne puis me ressaisis et comprends la dimension ethnique de cet album. Je me rappelle avoir lu que pour leur lune de miel, KT Tunstall et Luke Bullen se sont baladés dans le grand nord, vers la banquise, les pingouins et les Inuits (chacun son délire) et je me renseigne. Uummannaq est une ville du Groenland.

Hold your fire
I'm coming out and I'll tell you the truth
I was trying to raise my roof
[...]
I, oh well I could live in this town
Five cold years before I
Yes I could live in this town
Before I head for home


C'est une KT Tunstall apparemment marquée puisque quasiment toutes les chansons de cet album sont estampillées d'une forme ethnique, que ce soit au niveau des choeurs ou des percus. Ils sont incroyables et collent une ambiance qui, personnellement, me donnent envie de faire une danse de la pluie autour d'un quelconque feu de joie. Quel est le rapport avec le tigre, quand on sait que c'est un animal d'Asie ? Et pourquoi pas, vous répondrais-je, elle en a bien vu un dans son jardin alors pourquoi pas au Groenland.

Glamour Puss est une chanson faite pour être numéro deux. Ne me demandez pas pourquoi, dans mon esprit c'est comme ça. Il s'agit là d'une petite satire rigolote sur toutes ces nanas dont le titre vous évoque, j'en suis sûre, l'image adaptée.

J'avance dans le CD et j'entends Push That Knot Away - voir cet article - qui me rappelle un groupe que j'adore et qui se fait bien trop discret à mon goût, j'ai nommé The Music. A l'époque où ils ont sorti leur premier album éponyme en 2002, ils m'ont rendu complètement folle. C'étaient des gamins originaires de Leeds qui avaient un talent monstrueux et officiaient dans un rock très électro et saturé juste mortel (je parle d'eux au passé mais ils ont encore une actualité, hein). Pour le coup, Push That Knot Away m'offre une piqûre de rappel pour Drastic Fantastic.

La quatrième piste s'appelle Difficulty et c'est une ballade sans en être une. Je suis assez admirative du contraste que cette chanson offre à savoir dans la saturation des guitares qui s'interprète par une certaine oppression (je parle toujours subjectivement) avec pourtant cette voix super aérienne que sait si bien faire KT Tunstall. Elle me donne l'image d'un oiseau enchaîné à un socle en béton mais qui arriverait tout de même à déployer ses ailes immenses.

Le morceau suivant, Fade Like A Shadow, est le premier single sorti aux Etats-Unis. Elle me rappelle If Only sur Drastic Fantastic et ces deux-là me font le même effet qu'Orange Crush de R.E.M. et que Can't Buy Me Love des Beatles, ces chansons qui donnent la pêche et qui m'incitent à commencer ma journée par un ménage de printemps. Mais je n'en suis pas particulièrement fan, ce n'est pas le morceau que je vais écouter exprès. De plus, je le trouve un peu excentré de la lignée de l'album. Je me console en me disant que c'est pour plaire aux Américains (je suis mauvaise !).

Arrive ma chanson préférée : Lost. Je n'ai pas eu de coup de foudre immédiat mais plus je l'écoute et plus j'ai envie de l'écouter, cette chanson est viscéralement majestueuse. Les harmonies vocales de KT Tunstall me tue, je suis béate d'admiration tout en étant clouée sur place. En plus, c'est un morceau qui me parle vraiment, ce qui ne gâche rien. Et les choeurs restent formidables.

Pour Golden Frames, KT Tunstall chante en duo avec Seasick Steve, un vagabond bluesman californien, vieux pote de Janis Joplin. La couleur est donnée. Ces deux-là nous racontent une petite histoire lors d'une veillée-feu-de-camps et des percutions on ne peut plus ethniques alors ça me donne envie d'écouter bien sagement quelques légendes sympas. The tiger is back...

It was the middle of the night
When she found there was something
On her mind
[...]
Emanating from the doorframe
Was a hum that grew into a roar
Followed by the light
Followed by the light
Followed by the terrible light

In my life I've never seen
Anything quite like it
And I've been around for years
With the eyes of a bird, me
And the nose of a fox, me
I'm prepared, but I'm scared
It's coming for me


Avec Hold On sur Drastic Fantastic, j'imagine fortement Come On, Get In dans mes oreilles si je dois choper un bus qui démarre sans moi. Cela dit, celle-là est plus instrumentée et les choeurs plus fournis, ce qui donne une consistance au morceau qui manque cruellement à Hold On à mon sens. D'ailleurs, je pense qu'elle doit déchirer avec la Wee Bastard (pédale suscitée) habituelle.

(Still A) Weirdo est le premier single sorti en Europe. Il est à l'image de la KT Tunstall des débuts, c'est le morceau acoustique et tranquilou de l'album. Histoire de ne pas se fâcher avec tout le monde... J'aime bien cette chanson mais sans plus, je l'écouterai volontiers avec du made in Eye to the Telescope car le reste de Tiger Suit me transcende trop pour me laisser avoir avec cette incitation à rester au chaud pelotonnée dans son chesterfield. Cependant, ce morceau permet de faire redescendre la pression, d'autant qu'après celui-ci vient...

... Madame Trudeaux, modèle british rock par excellence. Nous avons toujours des choeurs sortis d'on ne sait quelle plaine envahie par des peuples nomades, amenant un paradoxe pas dégueulasse. KT Tunstall is a Scottish woman with a the heart of a tiger, que voulez-vous que je vous dise de plus : qu'on sature de nouveau et se soixantedixfie avec grand plaisir ? Et bien oui.

On termine l'album avec The Entertainer, morceau d'apparence plus instrumenté de l'album mais c'est un leurre car c'est en fait Lost qui est affublé d'un véritable orchestre. Alors je ne sais pas, c'est peut-être à cause du piano ou de l'unique réapparition magique d'Arnie Lindner pour l'enregistrement de cette chanson. Avec cette jolie fin, je pense que KT Tunstall met tout le monde d'accord (ça fait plusieurs fois que je dis ça, en fait je suis à court d'expressions idiomatiques) et le thème aérien se répète ici. C'est beau, en fait.



Bon. Troisième album et les moyens sont là, il n'y a plus rien de cheap et tous les morceaux sont très travaillés. Je trouve KT Tunstall vraiment très créative. Cela dit, je comprendrais que Tiger Suit déçoivent des gens parce qu'il est tellement différent du reste ! Quelqu'un qui a aimé Eye to the Telescope n'aimera pas forcément Tiger Suit, peut-être plus les fans de Drastic Fantastic. En ce qui me concerne, j'adhère à l'évolution et c'est ce qu'on recherche chez un artiste, enfin je pense. Je trouve plutôt rassurant le fait qu'un nouvel album soit différent du reste, pas vous ? En plus, KT Tunstall a là une voix qui me laisse sans la mienne. Vous savez ce que j'aime vraiment chez elle ? Ses chansons ne racontent pas d'histoires d'amour bidons à la I love you but you don't love me so I'm sad and I need you so come with me to see rainbows and catch butterflies, lalilalou. Si je chiale en écoutant KT Tunstall, c'est parce que le texte a de la valeur, que l'instrumentation me transcende et que sa voix me transporte. C'est ce que je demande à un artiste. En plus, pour l'avoir rencontrée (eeeeet ouais, mon exemplaire de Eye to the Telescope porte encore les stigmates de ce fabuleux moment), je peux vous dire qu'elle est hyper sympa et que ce n'est pas tous les jours qu'un artiste de cette envergure consacre deux heures de son temps après un concert pour signer des autographes et prendre des photos avec tous les fans qui attendent dehors.

Du coup, ça m'a donné envie de jeter un nouveau coup d'oeil à la pochette. Je pense alors qu'elle ne porte pas un pull rayé par hasard et que sa sobriété contrebalance avec sa musique, j'ai donc envie de dire qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Et puis ce quart de vide en bas à gauche me servira pour une prochaine dédicace, peut-être le 16 mars prochain à la Cigale, who knows ?

Samedi 13 novembre 2010 ● 4:00

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Techniquement, à l'heure où j'écris je devrais servir des cafés et enchaîner des "Désolée, nous n'avons plus de Coca !" mais c'est relativement calme à la cafétéria et puis, quand j'aurais terminé ce post, il sera l'heure pour moi d'aller déjeuner. J'ai des horaires complètement cintrés : petit déjeuner à 7h30, déjeuner à 11h30 et dîner à 18h45, c'est de la folie. Bref. KT Tunstall a sorti son nouvel album. Mais il n'est pas encore parvenu en France, il faut patienter fin octobre et vous vous imaginez bien que je ne vais pas attendre, arrêtons de déconner. Qui dit nouvel album dit nouvelle tournée dit bonheur grandissant dans moi. Même si Arnulf Lindner, le grand (contre-)bassiste et Sam Lewis, le guitariste, ont quitté le navire.

Doux Jésus que j'aime cette femme, j'aime cette femme !

Vendredi 1er octobre 2010 ● 11:27

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