La Comtesse
Julie Delpy (2009)
(Attention, spoil) Je surveillais la sortie de ce film depuis un petit moment et il est enfin sorti depuis mercredi, j'ai nommé La Comtesse, de et avec la charismatique franco-américaine Julie Delpy. Voici là un joli film d'auteur sur la vie de la vile et sanglante Erzsébet Bathory, princesse hongroise que tout le monde connaît aujourd'hui à cause de l'addiction maladive qu'elle avait du sang de jeunes vierges vivant sur ses terres et lui permettant, selon elle, de la faire rajeunir.
Le film est axé sur la vie d'Erzsébet, de son enfance jusqu'à sa mort, et raconte comment son éducation lui a appris à être insensible. Je suis incapable de vous dire si Julie Delpy s'est entièrement basée sur des faits historiques pour les besoins de son film car je n'ai, à ce jour, lu aucune biographie sur la comtesse hongroise. Toutefois, dans le film, Erzsébet est une femme qui ne montre aucun état d'âme à la mort de son mari mais qui voue une grande affection à ses trois enfants. Elle est toutefois obsédée par le temps qui passe et lorsqu'un bourgeois lui demande de l'épouser afin de créer quelque alliance politique, c'est du fils de celui-ci, de 18 ans son cadet, dont elle tombe amoureuse. Une grande passion naît mais le père ne voit pas les choses de cette façon et leur met des bâtons dans les roues. Tant et si bien que leur histoire d'amour prend fin et c'est à ce moment qu'Erzsébet pète les plombs. Elle ne supporte pas les marques du temps sur son visage et ses mains. Un jour de grande colère, sa servante commet une maladresse et la comtesse la bat, faisant gicler son sang sur son visage. C'est en s'essuyant qu'elle croit voir sa peau changée. C'est le début de la fin !
A l'image de la comtesse, le film est entièrement dans la retenue, ce doit être aussi en rapport avec l'attitude à adopter de l'époque (nous sommes à cheval entre le XVIe et le XVIIe siècles) et bien qu'Erzsébet trahisse quelques fois son tempérament colérique, il n'en reste pas moins contenu. Ce n'est absolument pas une oeuvre gore comme nous pourrions être en droit d'attendre mais il y a, de temps à autre, des petites scènes sanglantes, bien loin d'être trash tout de même quoiqu'une ambiance légèrement malsaine plane. On ressent une certaine frustration, on aimerait en voir plus, mais n'est-ce pas fait exprès ? Beaucoup de choses se situent dans la suggestion et l'accent est mis sur la décrépitude de la comtesse. On ne peut donc que ressentir de la tristesse et de la pitié pour cette pauvre femme qui, malgré les innombrables meurtres qu'elle a fait commettre, finit emmurée dans sa chambre puis enterrée comme une moins que rien.
C'est un très bon film mais réservé à un public averti, je le crains. Chapeau bas à Julie Delpy, cette femme est extraordinaire et après visionnage, je me demande qui d'autre aurait pu rendre cette oeuvre aussi subtile.
Julie Delpy (2009)
(Attention, spoil) Je surveillais la sortie de ce film depuis un petit moment et il est enfin sorti depuis mercredi, j'ai nommé La Comtesse, de et avec la charismatique franco-américaine Julie Delpy. Voici là un joli film d'auteur sur la vie de la vile et sanglante Erzsébet Bathory, princesse hongroise que tout le monde connaît aujourd'hui à cause de l'addiction maladive qu'elle avait du sang de jeunes vierges vivant sur ses terres et lui permettant, selon elle, de la faire rajeunir.Le film est axé sur la vie d'Erzsébet, de son enfance jusqu'à sa mort, et raconte comment son éducation lui a appris à être insensible. Je suis incapable de vous dire si Julie Delpy s'est entièrement basée sur des faits historiques pour les besoins de son film car je n'ai, à ce jour, lu aucune biographie sur la comtesse hongroise. Toutefois, dans le film, Erzsébet est une femme qui ne montre aucun état d'âme à la mort de son mari mais qui voue une grande affection à ses trois enfants. Elle est toutefois obsédée par le temps qui passe et lorsqu'un bourgeois lui demande de l'épouser afin de créer quelque alliance politique, c'est du fils de celui-ci, de 18 ans son cadet, dont elle tombe amoureuse. Une grande passion naît mais le père ne voit pas les choses de cette façon et leur met des bâtons dans les roues. Tant et si bien que leur histoire d'amour prend fin et c'est à ce moment qu'Erzsébet pète les plombs. Elle ne supporte pas les marques du temps sur son visage et ses mains. Un jour de grande colère, sa servante commet une maladresse et la comtesse la bat, faisant gicler son sang sur son visage. C'est en s'essuyant qu'elle croit voir sa peau changée. C'est le début de la fin !
A l'image de la comtesse, le film est entièrement dans la retenue, ce doit être aussi en rapport avec l'attitude à adopter de l'époque (nous sommes à cheval entre le XVIe et le XVIIe siècles) et bien qu'Erzsébet trahisse quelques fois son tempérament colérique, il n'en reste pas moins contenu. Ce n'est absolument pas une oeuvre gore comme nous pourrions être en droit d'attendre mais il y a, de temps à autre, des petites scènes sanglantes, bien loin d'être trash tout de même quoiqu'une ambiance légèrement malsaine plane. On ressent une certaine frustration, on aimerait en voir plus, mais n'est-ce pas fait exprès ? Beaucoup de choses se situent dans la suggestion et l'accent est mis sur la décrépitude de la comtesse. On ne peut donc que ressentir de la tristesse et de la pitié pour cette pauvre femme qui, malgré les innombrables meurtres qu'elle a fait commettre, finit emmurée dans sa chambre puis enterrée comme une moins que rien.
C'est un très bon film mais réservé à un public averti, je le crains. Chapeau bas à Julie Delpy, cette femme est extraordinaire et après visionnage, je me demande qui d'autre aurait pu rendre cette oeuvre aussi subtile.





