Trois ans, c'est une forme de cycle. Je me dis parfois que la boucle est bouclée et que je ferais bien d'aller voir ailleurs si j'y suis. Ca ne serait cependant pas raisonnable. J'irais où ? Je ferais quoi ? Je me retrouverais seule face à moi-même en proie aux doutes les plus subsistants. Il vaut mieux que je reste et que je prenne mon mal en patience. Je crois que je suis un petit peu déçue. Dans le fond, je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais... J'ai beau me poser la question chaque jour, j'ai du mal à être claire.
Ouais, trois ans que j'occupe le même job pour lequel j'ai été embauchée pleine d'enthousiasme, cet enthousiasme qui s'amenuise au fil des mois. Je commence à comprendre mes collègues qui se sentent usés. Je crois que je m'implique trop alors ça m'use aussi. Les adolescents auront ma peau si je continue à avoir le même comportement au travail. Je m'intéresse trop à eux et puis ils finissent par me décevoir. Oh pas tous, non, ils sont loin de faire la majorité. Je pense que c'est une ambiance générale. Pourtant je suis appréciée, je le sais, on me l'a déjà dit clairement, et j'aime ça. Je déteste qu'on me déteste, ça me vexe et m'attriste. J'imagine toutefois que tous les ados de ce lycée ne m'aiment pas forcément mais tant que je ne le sais pas, tout va bien. Je voudrais tellement qu'ils comprennent de quoi je parle quand je leur explique les choses, la vie (du moins jusqu'à 25 ans, après je n'en sais rien, évidemment), le bac, leurs conneries que j'ai faites moins de dix ans avant eux, etc. Il n'y a même pas encore vraiment d'écart générationnel entre eux et moi et ils me prennent quand même pour une vieille conne qui ne comprend rien et qui ne connaît rien. C'est chiant mais c'est l'adolescence qui veut ça. Généralement, entre 15 et 18 ans, tu sais toujours tout mieux que tout le monde.
J'ai l'impression de dépenser de l'énergie pour rien. Je ne demande pas la lune, je veux juste qu'on prête un minimum attention à ce que je dis. Je ne me prends pas pour un quelconque messie, je veux juste partager mon expérience avec eux pour qu'ils aient un aperçu de ce qui les attend. On apprend de ses erreurs mais je ne veux pas qu'ils se trompent trop parce que je ne veux pas qu'ils perdent trop de temps dans la vie, je veux qu'ils réussissent. Alors pour leur faire peur (ou les faire rire, je ne sais pas trop), je leur dis : "Attention, si tu ne travailles pas bien à l'école, tu vas finir comme moi, AED !". Du coup, ce n'est pas très sympa pour tous mes collègues de France et de Navarre mais c'est pourtant le reflet de ma situation personnelle. Si je suis là, c'est que je suis trop nulle pour être ailleurs. Vivement pas 2015.

Ouais, trois ans que j'occupe le même job pour lequel j'ai été embauchée pleine d'enthousiasme, cet enthousiasme qui s'amenuise au fil des mois. Je commence à comprendre mes collègues qui se sentent usés. Je crois que je m'implique trop alors ça m'use aussi. Les adolescents auront ma peau si je continue à avoir le même comportement au travail. Je m'intéresse trop à eux et puis ils finissent par me décevoir. Oh pas tous, non, ils sont loin de faire la majorité. Je pense que c'est une ambiance générale. Pourtant je suis appréciée, je le sais, on me l'a déjà dit clairement, et j'aime ça. Je déteste qu'on me déteste, ça me vexe et m'attriste. J'imagine toutefois que tous les ados de ce lycée ne m'aiment pas forcément mais tant que je ne le sais pas, tout va bien. Je voudrais tellement qu'ils comprennent de quoi je parle quand je leur explique les choses, la vie (du moins jusqu'à 25 ans, après je n'en sais rien, évidemment), le bac, leurs conneries que j'ai faites moins de dix ans avant eux, etc. Il n'y a même pas encore vraiment d'écart générationnel entre eux et moi et ils me prennent quand même pour une vieille conne qui ne comprend rien et qui ne connaît rien. C'est chiant mais c'est l'adolescence qui veut ça. Généralement, entre 15 et 18 ans, tu sais toujours tout mieux que tout le monde.
J'ai l'impression de dépenser de l'énergie pour rien. Je ne demande pas la lune, je veux juste qu'on prête un minimum attention à ce que je dis. Je ne me prends pas pour un quelconque messie, je veux juste partager mon expérience avec eux pour qu'ils aient un aperçu de ce qui les attend. On apprend de ses erreurs mais je ne veux pas qu'ils se trompent trop parce que je ne veux pas qu'ils perdent trop de temps dans la vie, je veux qu'ils réussissent. Alors pour leur faire peur (ou les faire rire, je ne sais pas trop), je leur dis : "Attention, si tu ne travailles pas bien à l'école, tu vas finir comme moi, AED !". Du coup, ce n'est pas très sympa pour tous mes collègues de France et de Navarre mais c'est pourtant le reflet de ma situation personnelle. Si je suis là, c'est que je suis trop nulle pour être ailleurs. Vivement pas 2015.









