Ma vie ne se résume qu'à des concerts, j'ai l'impression de ne faire que ça. Tenez, par exemple, dans deux semaines je vais (enfin !) voir -M- à Nantes, en décembre c'est Ultra Vomit, en mars The Cranberries, en juin qui vous savez. Peut-être que d'autres viendront s'interférer entre ces dates. Ah c'est un budget, je vous l'accorde mais avec David, on offre la place de l'autre selon le concert. Par exemple, je l'invite pour Bon Jovi (et mon compte en banque saigne) même si, je l'avoue, il m'a davantage invitée que le contraire mais ce n'est pas de ma faute s'il est plus riche que moi. Nous sommes un couple heureux. Ce soir, je l'ai invité pour Yodelice.

Il nous faut cette affiche, elle sera terrible dans notre salon.
Pendant que David est parti boire un verre avec ses compatriotes sportifs (non, il ne joue pas du tout au foot ni aucun autre sport avec un ballon), je me réécoute Tree Of Life en rédigeant cet article. Très sincèrement, je ne sais plus à quoi je m'attendais pour ce concert, j'ai tout oublié une fois sur place. D'ailleurs, j'ai du mal à revenir à la réalité. A La Roche, la salle est plutôt petite, elle ne peut contenir qu'une grosse centaine de personnes et j'adore ce type d'ambiance : intimiste. On a l'impression que le groupe n'est là que pour nous, ça donne une impression de concert privé.
Yodelice, c'est Maxim Nucci, l'homme dont j'étais amoureuse en regardant Popstars sur M6 quand j'avais 15 ans mais on s'en fout parce qu'une fois qu'on se rend compte du talent de ce mec, on oublie tout le reste. Un peu comme Matthieu Chedid et -M-, il y a Maxime Nucci et Yodelice, c'est avant tout un personnage accompagné de deux musiciens sur scène, un violoncelliste et un percussionniste. Mais pour être honnête, les trois sont polyinstrumentistes. Yodelice est au centre, il joue sur une Gibson Les Paul (R.I.P.) ainsi que sur une putain de gratte acoustique faite sur mesure que même dans mes rêves les plus fous je n'en ai jamais vues de telles, on dirait une tête de mort, elle est extra. Une grosse caisse dans son dos et il s'en sert (et bien) grâce à un habile stratagème que j'ai eu du mal à identifier à cause des têtes qui me précédaient (Esther, donne-moi ta taille). A sa gauche se trouve le percutionniste qui porte admirablement les bretelles, et à sa droite se situe le violoncelliste qui revêt le haut de forme divinement. L'ambiance scénique est plutôt extra puisqu'un magnifique arbre mort dans le fond sert de porte guitare et de micro. Mention spéciale aux lumières aussi parce que c'était particulièrement prenant.
Musicalement, je n'ai rien à dire. Enfin si mais tous les adjectifs employés ne seraient qu'euphémismes et je n'ai pas envie de les insulter. En plus de ça, je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi rock n'roll. A côté l'album me semble bien fade (bien que ça me fasse beaucoup de peine d'utiliser ce vilain mot) et j'ai comme besoin de me reprendre une grosse dose de fanfare glauque et dark dans la tronche, je suis en train de me demander si je ne vais pas retourner les voir en décembre à Nantes (intéressés manifestez-vous, ça tombe un vendredi).
Au début du concert, Yodelice s'est amusé à regarder le public. Par là, j'entends qu'il nous a carrément scrutés et je peux vous assurer qu'il nous voyait et qu'il soutenait quelques regards çà et là. Je n'ai jamais vu un artiste agir de cette façon. Et puis son regard est terriblement expressif. Certains diront qu'il en fait des caisses - et ce n'est pas à vérifier quand il exerce ses jolis soli, j'ai ressenti comme une petite fausseté - d'autres penseront qu'il est simplement habité et je crois que pour nous balancer ce qu'il nous a balancé avec ses deux compatriotes, il faut être sérieusement atteint. Ne vous méprenez pas, ceci est un compliment. Je trouve ça dingue d'avoir des idées pareilles et de les exploiter d'une façon aussi belle. En fait, je suis emplie de jalousie !
J'encense, j'encense mais nom de Zeus et tonnerre de Brest, qu'est-ce que c'était bon !









