Je ne peux pas dire que je suis une grande fan de Woody Allen puisque je n'ai pas vu la moitié de ses films. Cependant, ceux que j'ai vu, à savoir Manhattan (1979), Accords et désaccords (1999), Escrocs mais pas trop (2000) et Minuit à Paris (2011), je les ai adorés, sauf peut-être Le Rêve de Cassandre (2007) qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Celui dont je vais vous parler ici est Minuit à Paris, ou plutôt Midnight in Paris puisque je n'ai pas fait l'affront de le regarder en version française, que j'ai visionné cette semaine. Attention, risque de spoils !

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J'ai regardé ce film spécifiquement pour ma culture sur Woody Allen et sans savoir vraiment de quoi ça parlait. J'avais juste entendu parler du foin au sujet de la présence de Carla Bruni dans le film et puis c'est tout. Les premières minutes sont des scènes de plusieurs secondes à chaque fois où la caméra est posée à un endroit de Paris sur fond d'une musique spéciale-du-film-étranger-qui-se-passe-à-Paris et je dois avouer que ça m'a un peu fait peur mais je vous dirai plus tard pourquoi.
L'intrigue commence brute de pomme. Gil (Owen Wilson) est un scénariste hollywoodien en vacances à Paris avec sa fiancée, Ines (Rachel McAdams) et les parents de celle-ci. Il aimerait bien abandonner l'écriture de scenarii pour se consacrer à celle de son premier roman. Il est complètement amoureux de la capitale et aime s'y balader la nuit au grand dam d'Ines. Après un dîner avec leurs amis Paul et Carol, Gil, un peu ivre, préfère rentrer à son hôtel à pied. Il se perd dans les rues de Paris jusqu'à ce qu'une vieille Peugeot s'arrête devant lui et que ses occupants lui demandent de monter avec eux. Gil s'exécute et est transporté dans le Paris de 1920, décennie qu'il a toujours aimée. Il passe d'ailleurs son temps à dire à ses proches qu'il n'est pas né à la bonne époque. C'est durant toutes ces nuits (parce que l'expérience se répète) qu'il va rencontrer Scott et Zelda Fitzgerald, Ernest Hemingway, Salvador Dali ou encore Pablo Picasso.

J'aurais été déçue que le film ne soit qu'une énième déclaration d'amour à Paris de la part d'un réalisateur étranger et puis, même si c'est peut-être le cas, ce n'est pas ce qui ressort en premier. J'ai trouvé Owen Wilson incroyablement touchant face à une Ines pourrie par le pognon de ses parents et ne buvant les paroles que d'un Paul qui croit s'y connaître en absolument tout et qu'on adore détester. Gil se laisse mener par le bout du nez parce qu'il n'a pas envie de déplaire alors on jubile quand, dans un musée, il cloue le bec de Paul devant une toile de Picasso. Adrien Brody est magistral en Dalí (vive le rhinocéros) même s'il n'apparaît que quelques minutes et Hemingway est un fort bon écorché vif. Je suis sûre que le film est blindé de références mais je n'ai pas su toutes les capter car je n'ai jamais lu Hemingway et je viens seulement d'acquérir Gatsby le magnifique de Fitzgerald. Cependant ça ne gâche rien. Tout au long du film, on suit l'évolution du bouquin de Gil, lui qui ne voulait le montrer à personne au début finit par confier son manuscrit à Gertrude Stein (Kathy Bates), qui était une écrivain américaine installée en France et qui a passé une grande partie de sa vie parisienne à défendre l'art moderne. Je vous parlais de Carla Bruni plus haut, elle tient effectivement le rôle d'une guide touristique. Il y a aussi Marion Cotillard qui, pour une fois, n'est pas trop chiante dans un film américain, et puis Gad Elmaleh qui est un gag à lui tout seul (et pourtant je ne suis pas fan de ce mec). Enfin, ce ne sont pas eux que l'on retiendra le plus (quoique Marion Cotillard a quand même un rôle important) mais davantage la fantastique poésie qui se dégage de ce film et pourtant la nostalgie y est assez cruelle. C'est un film mené par un artiste rêveur (Woody Allen comme Gil) pour ses semblables absolument parfait.

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Vendredi 27 juillet 2012 ● 1:54

Ce soir, assise confortablement dans mon canapé à regarder cette bonne niaiserie qu'est L'amour est dans le pré, j'en profitais pour jeter un œil à ce qui se passait un peu sur Twitter. Je tombais sur un tweet de Maître Eolas qui disait que l'Espagne refusait désormais de payer le traitement des séropositifs étrangers pour cause de restriction budgétaire, il ajouta qu'à chaque fois que ça va mal chez elle, l'Espagne a un incident de frontière avec Gibraltar (en fournissant ce lien, au passage, si ça vous intéresse parce que mon article n'a absolument rien à avoir avec ce que j'énonce précédemment, vous allez voir que la relation de cause à effet est complètement what the fuck). C'est alors que Petrif me dit qu'il entendit parler d'un hypothétique projet de tunnel au niveau du détroit suscité. C'est alors que je me suis fait la réflexion que le tunnel sous la manche était sans précédent et que c'était chouette et que j'ai le souvenir de voir François Mitterrand et Elisabeth II côte-à-côte à la télévision lors de l'inauguration (6 mai 1994, tant qu'on y est). C'est alors que Petrif me répondit que c'était tout de même une belle image quand on connaît la relation tumultueuse que fut celle de la France et de l'Angleterre par le passé. C'est alors (ça y est, on y arrive) que j'ai repensé à Aliénor d'Aquitaine qui était une femme de grande classe. Ou comment elle fut et restera peut-être à jamais (je dis peut-être parce que si ça se trouve, un jour la France retrouvera une monarchie (pardonnez-moi mais depuis que je vis en Vendée, j'ai complètement perdu mes esprits)) la femme qui fut successivement reine de France puis reine d'Angleterre. Et puis, bon, elle aurait pu s'arrêter là et cela pourrait rester une vague anecdote mais non, elle était quand même duchesse d'Aquitaine, soit un gros duché quand même hein, et puis elle a engendré Richard Cœur de Lion, c'est pas un petit malandrin lui non plus, on est d'accord. Oui, Aliénor d'Aquitaine a un petit peu roxxxé son époque.

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Aliénor (ou Eléonore voire Eléanor selon les langues z'et dialectes), qui est née vers 1122, n'a pas très bien commencé dans sa vie de reine. Quand son père est mort plutôt prématurément, on l'a jetée dans les bras de Louis VII dit Louis le Jeune (fils de Louis VI dit Louis le Gros, mmmh ça fait rêver). Elle qui venait d'une cour assez fastueuse et, en plus, du pays du soleil, elle se retrouve chez un méga pieu à la cour royale bien austère. D'autant qu'elle est jeune puisqu'elle n'a pas encore 14 ans. N'empêche, c'est tout bénef pour nos petits Capétiens parce qu'ils se disent qu'ils peuvent annexer le duché d'Aquitaine, voyez. Sauf que ça ne va pas vraiment se passer comme ça. Comme Aliénor en est l'héritière directe après la mort de son père et de son frère aîné, c'est elle qui chapote le bordel (c'est pas souvent pour une nana et surtout en France). Pour que les deux fusionnent, il fallait qu'un fiston naisse de l'union. Bah croyez-moi, ils pouvaient toujours attendre.

Donc, non seulement l'enfant mâle ne viendra jamais, mais en plus la pauvre Aliénor n'est pas très appréciée à la cour. Elle est jugée un poil trop frivole et même indécente (bonjour le crime de lèse-majesté quoi). En même temps, les gros aigris parisiens ont un peu mal aux yeux quand ils voient toute la déco et les tenues qu'Aliénor fait venir d'un peu partout pour égayer les murs plein de salpêtre. Entre deux fillettes (Marie en 1145 et Alix en 1150) s'intercale la deuxième croisade et les époux royaux vont y faire un petit tour (nous avons là un Louis très (trop) pieu, je vous le rappelle). Quand ils sont à Antioche (en Turquie) et alors que l'oncle d'Aliénor y réside déjà, il se passe un petit truc pas très plaisant pour Louis. Il y a eu des rumeurs comme quoi la miss et son tonton s'entendaient un peu trop bien alors Louis l'a mal pris, il y a eu dispute, tout ça... du coup, le couple royal s'est barré un peu plus tôt que prévu. Bon, on ne sait pas trop ce qu'il s'est vraiment passé, il y avait plein d'histoires politiques à la con, bref. Il ont fini par divorcer en 1152 et Aliénor est retournée chez elle, à Poitiers.

Devinez qui en profite pour tâter le terrain ? Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, bien sûr. Il est né en 1133, il a donc un peu plus de dix ans de moins que la dulcinée qu'il convoite. Ils ne perdent pas de temps et se marient tout de suite. Henri, ce n'est pas du tout la même histoire que Louis. Déjà, il est vachement beau gosse (pour un roux) et en plus il est grand, fort, musclé, fougueux, tout ça, tout ça... et il ne se flagelle pas dès qu'il a une pensée sexuelle. Ils vont tellement bien s'entendre au plumard qu'en treize ans, ils vont avoir huit gamins : Guillaume Plantagenêt (1153-1156), Henri dit Henri le Jeune (1155-1183), Mathilde (1156-1189), Richard (le fameux, 1157-1199), Geoffroy (1158-1186), Aliénor (1161-1214), Jeanne (1165-1199) et enfin Jean dit Jean sans Terre (1166-1216). Ouais, elle est très en forme(s), la reine. C'est Louis qui a dû se bouffer. Et malgré toutes ses grossesses rapprochées, ça n'a pas empêché dame Aliénor de montrer qu'elle avait du chien et du cran, elle n'a jamais fermé son clapet. En même temps, il ne valait mieux pas parce que comme je vous l'ai dit précédemment, Henri était un fougueux jeune homme et au bout d'un moment, sa femme a dû être trop vieille pour lui alors il ne s'est pas gêné pour aller voir ailleurs plus d'une fois, du coup il a eu plein de petits bâtards. Aliénor l'a quand même eue bien mauvaise.

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Quand ses mômes ont grandi (enfin pas tous, si vous regardez les dates), Aliénor a tout fait pour les élever un max. Socialement s'entend. A cette époque, bien n'était jamais acquis bien longtemps, il fallait se battre sans arrêt. Au point qu'elle a soutenu Henri le Jeune, Richard et Geoffroy dans une révolte contre leur père, même Louis VII s'en est mêlé (tu penses, dès que l'un peut enculer l'autre) mais ça ne se passe pas comme prévu, Aliénor est arrêtée et cette couille molle de Richard retourne sa veste (le lion ne l'avait pas encore mordu visiblement). Ca se calme un peu et Henri le Jeune pète à nouveau un câble, engraine son frangin Geoffroy, et ils se révoltent encore contre leur daron. Nouvel échec, dans le cul Lulu et Henri le Jeune finit par mourir de la dysenterie quelque part en Aquitaine. Les esprits s'adoucissent, Henri II libère sa femme en échange de quoi elle doit calmer Richard qui, finalement, ferait bien une petite révolte aussi (allez). Elle s'exécute vu que c'est son fils préféré.

Bon, vient un moment ou personne n'est éternel et Henri II trépasse. Nous sommes en 1189, il a 56 ans (bel âge pour l'époque mais Aliénor va faire pire). Richard est couronné. Il se tire rapidement pour la Troisième Croisade et c'est alors que Robin des bois ferait son apparition pour contrer le prince Jean, ce même Jean qui est Jean sans Terre, mal-aimé par ses parents et a décidé d'en profiter pour prendre la place de son frangin pendant qu'elle est encore chaude. D'ailleurs, Aliénor aura bien du mal à le dégager. En plus, Richard trouve le moyen d'être blessé et il va mourir sans avoir le temps de rentrer en Angleterre (et sans faire de gosse non plus, bravo, vive l'Angleterre). Alors Aliénor retourne sa veste elle aussi et se range fatalement du côté de Jean qui sera bouté hors du trône par le nouveau roi de France, Philippe Auguste (oui, Louis a fini par avoir un fiston mais au bout de sa troisième femme quand même). En 1200, Aliénor se fait fort vieille, elle se retire à Fontevraud histoire de prendre un peu de repos et y décède finalement quatre ans plus tard à l'âge de 82 ans...

Bon. Voilà.



En tous cas, pour les profanes, il y a une petite lecture qui passe toute seule si on aime bien Aliénor signée Mireille Calmel :
Le lit d'Aliénor, tome 1
Le lit d'Aliénor, tome 2
Aliénor, le Règne des Lions
Aliénor, l'Alliance brisée
De l'Histoire, romancée certes, de la joute, de la sorcellerie et un peu d'histoires de plumard aussi, faut bien l'avouer.

Mardi 24 juillet 2012 ● 2:55

Quotidiennement, quand je fais mon petit tour des Internets comme une vieille peau qui a ses petites habitudes, j'en viens à regarder le top de chaque catégorie sur Hellocoton. C'est assez sympathique parce qu'on découvre plein de choses à faire, voir, lire, regarder, c'est bien cool. C'est de cette façon que cette semaine, je suis tombée chez Cammy qui nous a fait un petit article sur une nouvelle série, Don't trust the b**** in apartment 23. Je me suis procuré le premier épisode, histoire de voir, et je l'ai maté depuis mon bain. Je me suis gaussée comme une bossue, c'est le cas de le dire. Du coup, j'ai décidé de le montrer à Petrif, histoire qu'il juge de son œil de renard musqué (c'est un peu mon mentor, ce mec). J'étais quand même fébrile, j'avais peur qu'il trouve la série trop girly et puis non, il a rigolé en bavant devant tout comme moi.

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Bon, la première saison ne fait que sept épisodes de vingt minutes chacun alors on se les enfile assez rapidement. On retrouve l'esprit de Scrubs et même de Community, donc c'est forcément bien. L'histoire : June Colbern, jeune diplômée de l'Indiana, blonde, dentition parfaite et un peu naïve, débarque à New York parce qu'elle est embauchée dans une grosse boîte qui lui prête même un superbe appartement. Son fiancé est même sur le point de la rejoindre afin qu'ils se marient. Seulement voilà, rien ne se passe comme prévu. Lors de son premier jour, June constate que l'entreprise où elle était censée débuter fait faillite, du coup son appartement est saisi. Elle se retrouve à la rue mais pas pour très longtemps puisqu'elle réussit à trouver une colocataire, Chloe. La bitch, c'est justement elle. Son meilleur ami s'appelle James Van Der Beek, le James Van Der Beek de Dawson qui joue son propre rôle. Ce mec a une capacité d'auto-dérision très, très, très grosse et c'est un vrai petit bonheur (je pense que c'est mon personnage préféré avec Chloe). Mention spéciale aussi à Kevin Sorbo (alias Hercule dans les années 90) mais vous ne comprendrez que si vous regardez, et toc.

Bref, je n'ai pas envie de trop vous en dire, ça vous gâcherait la surprise mais si vous aimez les séries suscitées, alors vous aimerez sans doute celle-ci. Vous n'en avez que pour 2h20 pour toute la première saison, vous n'avez rien à perdre et c'est que de la poilade !

Vendredi 20 juillet 2012 ● 0:56

Aaaah les vacances... je les attendais tellement ! Seulement mes craintes sont confirmées, je ne sais plus quoi faire de mes journées. En fait, ce n'est pas le nombre d'activités entre mes murs qui manquent, ce qui me fait défaut c'est un planning bien établi. Au boulot c'est facile, on a des tâches bien précises à faire alors on s'en occupe, pas forcément à des heures précises (enfin ça dépend, c'est quand même vachement mieux de préparer les feuilles de brouillon avant l'épreuve de philo mais je sais que vous et moi on se comprend) mais du moment que tout est fait dans la journée... Donc chez moi, théoriquement je croule sous les trucs à faire puisque j'ai une tonne de bouquins à lire, un jeu vidéo à commencer, des séries et des films à voir et plein d'autres choses encore. En pratique, c'est totalement différent, je ne fais que errer d'une pièce à l'autre en restant perpétuellement dans une espèce d'ersatz de pyjama. Tenez, aujourd'hui je suis restée dans mon lit jusqu'à 16h. Je n'ai dormi que jusqu'à 13h, le reste du temps je l'ai passé à somnoler entre deux câlins destinés à mon chat.

Tout ceci n'a pas la queue d'une importance seulement voilà, ça me fout le bourdon. Je n'ai pas spécialement envie de sortir puisque là où je vis il n'y a rien à faire et que je n'ai pas plus ma propre voiture pour aller glander ailleurs (genre sur la plage, par exemple). C'est dans ce genre de situation que j'aimerais vraiment beaucoup que ma bande de potes soit près de moi (mais ils ont décidé de s'expatrier, ces fumiers (ça c'est la poêle qui se moque du chaudron, m'voyez)). Parler avec des gens qui ont le même état d'esprit que moi me manque beaucoup parce qu'on ne peut pas dire que les amis que j'ai ici-bas soit vraiment sur la même longueur d'onde que la mienne. Même si je les apprécie et que je suis toujours très contente de les voir, je ne les ai pas vraiment choisis (ce sont les potes de Petrif à la base) et ça rend les échanges différents.

D'autant que j'arrive à un âge où les fossés sont bien plus creusés que d'ordinaire entre mes semblables. Nous serons sans doute d'accord pour dire que tous individus se situant dans la tranche d'âge 25-30 ans ne prennent pas les mêmes chemins. Je le constate chaque jour, à mon grand dam. J'aimerais assez qu'on cesse de venir m'engluer avec un modèle de vie pseudo parfait que, parce qu'il est estimé normal par une majorité de la population, je suis forcément obligée d'y adhérer. Bah non. Les gens, si vous voulez qu'on reste copains ou tout du moins que je reste cordiale avec vous, cessez à tout prix de me poser cette question on ne peut plus merdique : "Et vous, c'est pour quand ?" rapport à un éventuel polichinelle dans le tiroir. Parce que quand je vous réponds d'un air dégoûté : "Va mourir." n'y voyez pas un refus catégorique de ma part de me reproduire dans un futur suffisamment lointain pour ne pas être trop envisagé tout de suite, non, voyez plutôt une animosité certaine envers votre manière de voir la vie que j'estime bien pourrave. Putain, sans déconner, j'ai 26 ans ! ALLO LES MECS je pleure quand on m'appelle madame et je ne comprends toujours rien à ma déclaration d'impôts ! Pourquoi croyez-vous que tout le monde veut un alien dans le bide pour l'entendre bêler toute la nuit une fois expulsé dans notre si beau monde ? Pensez-vous sincèrement que je suis prête à sacrifier mon précieux sommeil et à avoir des crevasses dans les nichons ? Vous croyez vraiment que les discussions autour de marques de biberon me font rêver ? Parce que faut pas rêver, c'est ce qui va se passer le jour où je serai mère ! J'aurai beau tenter de fuir et vouloir être une daronne différente que mes copines, je vivrai forcément des moments difficiles, je devrai subir les avis des uns et des autres sur absolument tous les sujets sans n'avoir strictement rien demandé. C'est ça ou vivre en ermite mais je ne suis pas prête non plus à sacrifier mon petit confort pour une grotte ou une cabane au milieu d'une forêt sans réseau. Quand bien même tout ça, il serait totalement irresponsable de ma part d'avoir une tête à poux dans ma conjoncture actuelle, d'un point de vue financier comme psychologique. Non mais sans déconner. Arrêtez de dire qu'avoir un gosse c'est formidable, j'aimerais bien aussi que ma mère cesse de me demander : "Alors ? Toujours pas de bébé à l'horizon ?" sous prétexte que je suis née avant ses 25 ans. Allez vous faire foutre, vous me dérangez vraiment avec vos idéaux. Cela dit attention, je n'ai pas dit que je n'aimais pas les enfants ! Bien au contraire ! Un enfant bien éduqué est un plaisir à côtoyer tout comme le contraire est un véritable enfer, j'ai de bons exemples des deux côtés. Je voudrais simplement qu'on arrête d'entraver ma liberté de croire que le modèle de chacun n'est pas celui de tous. Selon moi, me demander quand mon tour viendra est tout aussi déplacé que de demander à une femme enceinte si c'était voulu. Je demande juste à ce qu'on me foute la paix. Sinon je vais vraiment finir par devenir malpolie.

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Jeudi 19 juillet 2012 ● 4:56

D'une manière générale, on ne peut pas dire que je sois toujours sur le qui-vive ni que je sois à l'affût des dernières tendances et c'est vrai pour absolument tout. Ce n'est même pas une façon de vivre que je prône, je dirais que je préfère prendre les choses comme elles viennent. C'est plus simple et c'est moins sujet à la prise de tête. C'est pourquoi, pour les autres qui vivent le contraire de moi, je suis sans doute à la rue concernant la découverte d'une série dont je suis devenue mordue : Boardwalk Empire.

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Cette super série créée par Terence Winter et surtout produite par Martin Scorsese (et aussi Mark Wahlberg (he's wearing a hat)) comporte actuellement 3 saisons, elle a démarré en 2010. Et je ne vous ai pas encore dit que Steve Buscemi tient le rôle principal, accompagné de très près par le fort talentueux Michael Pitt. Maintenant c'est fait. L'intrigue se déroule au tout début des années 20 en majeure partie à Atlantic City. Le premier épisode nous fait entrer directement dans le vif du sujet puisque celui-ci est, je vous le donne en mille, La Prohibition. Steve Buscemi est Nucky Thompson, trésorier du parti républicain qui dirige alors la ville, il est à la fois l'homme de l'ombre, celui qui contrôle tout par derrière, mais qui est tout à la fois illustre et respecté par les habitants. Expliquons un peu plus en détails...

Aux Etats-Unis, La Prohibition (que la Finlande, le Canada et la Russie ont aussi connue pendant la première moitié du siècle) est cette période d'interdiction totale de l'alcool entre 1919 et 1933. Il est sévèrement réprimandé d'en boire, d'en vendre, d'en importer, d'en exporter parce que ça rendait fous les hommes, vous comprenez. Les femmes, notamment, considérait que c'était à cause de l'alcool que les hommes battaient leurs épouses, elles ont alors joué un grand rôle dans l'interdiction. Bien sûr, vous pouviez toujours commander un whisky dans les lieux de haute perdition mais il y avait des brigades spéciales qui veillaient au grain. Dans Boardwalk Empire, Nucky Thompson a la ferme intention de ne pas laisser les autorités décider de ce qui passerait ou non par le gosier des habitants d'Atlantic City. Il va de magouilles en traquenards associé (ou rival) à divers groupes de production et/ou d'importation et d'exportation d'alcool. Ces groupes sont distingués de façon ethnique : Nucky Thompson est de celui des Irlandais, mais les Italiens et les Juifs ont la ferme intention de récupérer leur part du gâteau. Autant vous dire que toutes ces bandes ne s'apprécient guère et nous avons droit à chaque épisode à de doux noms d'oiseaux de considération fortement raciste.
Michael Pitt, c'est Jim Darmody, un jeune irlandais itou qui bosse pour Nucky Thompson. Il s'est tapé les tranchées en France et revient amoché. Même s'il est fidèle à celui qui l'a quasiment élevé comme son propre fils, il n'hésite pas à s'expatrier quelques temps à Chicago où il fait la rencontre d'un petit gros un peu teigneux qui s'appelle Al Capone, un mec pas trop connu de l'époque (haha).

Je ne vais pas vous faire la revue de tous les personnages parce qu'il y en a un certain nombre d'importants. C'est ce que j'aime dans cette série, outre l'époque propice à mon attention, le sujet est traité de façon extrêmement complète. Chaque épisode fait 45 minutes et ne vous attendez pas nécessairement à de l'action à tout va, des coups de fusils, de la baston et du braquage intempestif, non, Boardwalk Empire est une série qui fait dans la dentelle, une finesse savoureuse qui nous fait adorer Steve Buscemi encore plus que d'habitude alors qu'il joue quand même le rôle d'un salopard fini. C'était la classe des années 20 avec un certain code de l'honneur et des valeurs même chez ces fumiers de corrupteurs.

Il a fallu beaucoup de temps aux Etats-Unis pour arriver à l'interdiction totale de l'alcool. Le premier état à se jeter à l'eau (calembour de l'année 2012) était le Maine en 1851 et encore, il était juste question de limiter la vente. Le 29 janvier 1919, donc, fut ratifié le 18e amendement de la Constitution et neuf mois plus tard, le Volstead Act finalisa la prohibition. Presque cent ans plus tôt, des associations de lutte contre l'alcool, appelées Ligues de tempérance, militaient, rejointes par des associations de femmes. Les états qui ont peu à peu suivi le Maine étaient nommés Dry States mais le nord de la côte Est était assez récalcitrant, notamment à New York ou toutes les distilleries n'étaient pas complètement détruites et on pouvait trouver de l'alcool dans les nightclubs. Enfin voilà, je ne vais pas non plus entrer dans des détails qui pourraient vous apparaître soporifiques. Si tout ceci vous intéresse, je ne saurais que trop vous conseiller de regarder Boardwalk Empire et de compléter le tout par quelques lectures savamment trouvées. Un petit opening pour vous mettre en appétit ?

Mercredi 18 juillet 2012 ● 0:32

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