Ces temps-ci, je suis passablement énervée. Pas nécessairement à cause d'une chose en particulier (enfin si, peut-être, ça ne tombe pas du ciel), je dirais que tout m'agace. Je me sens continuellement de mauvaise humeur, irritable et spécifiquement susceptible. Par exemple, j'ai envie de casser un objet quand j'écris un article, que je clique pour le poster et que j'ai une page d'erreur qui s'affiche. Le problème étant que ça n'est pas la première fois que ça m'arrive que ça me fait chier grave. J'en profite aussi pour déverser tout mon flot d'insultes de merde ici puisque je ne peux plus le faire au boulot au risque de devoir mettre à chaque fois 5 centimes dans une tirelire. Oui, on s'auto-finance comme on peut.
Cependant, il existe tout de même des choses ravissantes en ce monde moche et mauvais, comme par exemple le dernier clip de Stuck In The Sound. C'est un groupe dont je n'apprécie pas spécialement la musique puisque pas trop mon style mais j'avais passé un très bon moment lors de leur concert et j'ai été très agréablement surprise par cette vidéo absolument géniale.
 

Mercredi 16 novembre 2011 ● 13:59

Je connais Fluide Glacial depuis un bout de temps, d'abord par mes parents, ensuite parce que Petrif s'achète toujours un numéro chez le marchand de journaux d'une gare ou d'un aéroport lambda quand on part en voyage. C'est devenu une sorte de rituel. Un jour, j'ai quitté le rayon "Art et Histoire" pour le suivre dans ses pérégrinations et j'ai découvert Fluide.G (à prononcer Fluide point G), grosso merdo le Fluide Glacial pour les meufs. Après l'avoir feuilleté et trouvé quelques BD de Diglee et Margaux Motin, entre autres, dont je suis les blogs, je l'ai finalement acheté. S'en sont suivi deux ou trois autres numéros, histoire de. Je n'ai jamais été transcendée par ce magazine mais d'une certaine façon, il me détendait. Et puis de toute façon, il finissait dans mes toilettes comme à peu près tous les magazines féminins, ceux du rayon "Art et Histoire" conservant une place de choix dans ma bibliothèque.

Cela dit, je ne l'achèterai plus jamais. Il se trouve que leur dernier numéro est au cœur d'une polémique puisqu'il s'agit d'une spéciale grosse et moche. Personnellement, je n'ai aucun problème avec l'humour proposé. Bien au contraire, alors que nous vivons dans une ère où le politiquement correct est bien placé, ça fait du bien de voir un tant soit peu d'impertinence. Non, moi ce qui me gêne, c'est que Fluide.G regroupe une batterie de blogueurs stars pour noircir ses pages. Les blogueurs ont le droit de vivre, entendons-nous bien (je ne vais quand même pas me tirer une balle dans le pied) mais je crois que pour avoir l'honneur de noter sa prose sur du papier glacé, encore faut-il savoir écrire. C'est là le problème majeur de Fluide.G : il est très mal écrit. Non mais c'est un vrai problème ! Oserais-je rappeler que Fluide Glacial a été créé en 1975 par Marcel Gotlib. Hey oh les copains, MARCEL GOTLIB ! Le roi du calembour ! Ce n'est décemment pas lui faire honneur que produire un magazine féminin parodique portant une partie du nom de son bébé. Il serait temps que le monde sache qu'un journaliste peut bloguer mais qu'un blogueur n'est pas un journaliste. Fluide.G, c'est juste un truc mainstream et rien d'autre, ça ne fait pas rire, c'est grotesque et grossier, c'est moche et donc, c'est triste. C'est dommage parce qu'il y avait de bonnes idées, mais il faut arrêter maintenant et retourner dernière son ordinateur, là où on est le plus à sa place.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire la réaction de Daria Marx et le reste qui en découle.

http://www.bloodylucy.com/images/BLOODYLUCY/work/fluideggrosseetmochemagazinedb-copie-1.jpg

Dimanche 6 novembre 2011 ● 17:24

Quoi que nous fassions et qui que nous soyons, nous balayons toujours devant la porte de notre voisin avant la nôtre. Nous pouvons être la personne la plus altruiste et la plus droite qui soit, nous avons forcément un jour des ratés en passant du côté obscur de la force. C'est seulement grâce au temps qui passe que nous nous rendons compte de nos fail. Je me suis assez souvent moquée de mon amie Noémie qui écoutait et adorait Rihanna alors qu'elle était pourtant convertie au bon gros metal qui tâche. Et moi, j'aime Britney Spears depuis mes 13 ans. Je vous préviens tout de suite, j'ai carrément l'impression de me confesser. Mais à l'heure où je sais que musicalement parlant, je ne suis pas du tout prise au sérieux par mes connaissances, j'assume pourtant pleinement (il le faut, c'est vital).

Britney a maintenant 29 ans, est mère de deux charmants jeunes garçons, toujours rehaussée d'un blond californien et a toujours les cuisses potelées. Elle a sorti en mars dernier son septième album, ce qui commence à faire, vous en conviendrez. Personnellement, j'ai plus été marquée par Baby One More Time sorti en 1999 et Oops ! I Did It Again l'année d'après. Je n'irais pas jusqu'à parler d'héroïsme mais à l'époque, elle me faisait de l'effet. Il faut dire que j'avais alors 13-14 ans. Cette année, c'est Femme Fatale qui fait un carton (apparemment) mais tout ce qui s'est passé entre temps ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.

http://www.bloodylucy.com/images/BLOODYLUCY/work/femmefatale.jpg
Veux-tu bien arrêter ce petit regard lubrique, coquine ? Ca ne fonctionne pas avec moi.

Ce soir, m'abstenant d'une soirée entre amis puisque la crève me guette à mon tour, j'ai écouté Femme Fatale deux fois de suite. Je n'ai pourtant pas de fièvre mais à l'instar de ces moments où on a envie de regarder une comédie potache pour ne pas réfléchir, j'ai voulu écouter quelque chose de pas trop compliqué, de mélodique et de pimpant. Je pense sérieusement que ces trois termes conviennent parfaitement à cet album. J'ai de l'affection pour Britney Spears et j'ai éprouvé beaucoup de pitié et de tristesse quand elle a sombré dans les méandres de la bassesse que la célébrité peut engendrer. Si, vraiment. J'ai été très contente quand elle a repris le dessus en envoyant bouler ses détracteurs. Femme Fatale, troisième album post dépression, est à la fois nul et brillant. Oui, oui, c'est tout à fait possible. Nul parce que Britney Spears doit arrêter de porter des jupettes pailletées, d'arborer un air mutin et une chevelure blonde pisse, de prendre cette petite voix régressive et ce tic avec sa langue qui m'énerve au possible. J'ai du mal à comprendre la concordance entre cet aspect de femme-enfant qui ne lui va plus du tout et le titre de son album. Non, Britney, tu n'es pas une femme fatale, même si toutes tes chansons parlent d'amour et surtout de sexe. Les textes sont toujours aussi badant car pauvres et rien que pour cela je suis contente qu'elle soit anglophone pour nous permettre à nous, non-anglophones (mais ça va, je comprends l'anglais quand même un minimum) de débrancher notre cerveau le temps de 16 chansons. Brillant parce que cet album est hyper efficace. Hyper efficace parce qu'ultra arrangé. Vous me direz, ça peut vite virer dans le pathos musical cette histoire, mais je vous répondrais qu'il y a ici juste ce qu'il faut où il faut. Parmi ses 16 titres, l'album est éclectique. La ligne conductrice est bien entendu toujours pop et électro mais ça vire parfois aux intonations trip-hop et parfois un poil hip-hop. A ce jour, on a déjà eu droit à 4 singles :

Hold It Against Me : premier single mais deuxième titre de l'album, lisez peut-être le paragraphe suivant avant celui-là, ce sera peut-être plus logique, je n'en sais rien. En même temps, les deux morceaux se ressemblent beaucoup. Je pense que c'est pour bien appuyer l'efficacité des boom-boom et creuser des fondations plutôt solides. Il y a six mois, je vous avais fait une petite comparaison entre Britney, Lady Gaga et Katy Perry. Elle est toujours d'actualité, là n'est pas la question, mais je ne sais plus si je vous avais dit que j'aimais bien le clip de Hold It Against Me. Bien que futuriste et tuyauté de partout, je le trouve très esthétique. Surtout au moment du pont, avec toutes ces couleurs qui jaillissent de partout et la joute entre Britney et son ego (ou son ancienne elle-même ? La belle analyse que voilà...). Que voulez-vous, je suis quelqu'un de sensible.

Till The World Ends : chanson d'entrée, autant dire qu'elle place tout de suite les bases de l'album. C'est un titre pour clubbeuses spécialistes des soirées mousse de la boîte du coin. On chausse ses talons de douze et on saute pendant 3.58 minutes. Vous ne me verrez jamais plus dans une discothèque (même plus pour faire plaisir à mes meilleurs amis) mais pourtant je saute quand même volontiers. Je ne sais que vous dire de plus, c'est simplement efficace : "C'mon get me, get me on the floor, DJ what you're, what you're waiting for ?". Ah ce n'est pas du Jean-Louis Murat, on est d'accord mais je vous avais prévenus. Cela dit, moi quand j'entends "Keep on dancing till the world ends", ça me donne un message d'espoir et j'ai envie de m'abandonner aux percussions de la boîte à rythme et du synthé le plus bigarré qui soit.

I Wanna Go : quatrième morceau de l'album et sans doute celui qui m'a le plus fait tiquer quant au ridicule de sa situation, à Britney. Bon, j'exagère un poil mais quand on regarde le clip et qu'on décide de juger sur une première lecture, et bien on ne peut pas s'empêcher de se dire qu'à 29 ans, on ne montre plus son soutien-gorge et on arrête les mèches roses dans les cheveux. Toutefois, madame a de l'humour et arrive à placer plusieurs fois quelques petits "fuck you" (c'est censuré, bien sûr, nous sommes aux Etats-Unis quand même) aux journalistes qui lui posent des questions. L'ère générale se veut humoristique d'autant que c'est une chanson libératrice puisqu'il s'agit certainement là d'un nouveau texte en réponse aux merdes passées, alors autant le faire avec auto-dérision. Si j'ai parfois un peu de mal avec son côté sale gamine et sa tenue vestimentaire d'écolière rebelle des années 90, je dénote avec plaisir l'absurdité rigolote du clip qui est, je pense voulue. C'est con, ça mériterait d'être plus creusé et plus subtil.

Criminal : dernier titre si on ne compte pas les quatre chansons bonus. On l'entend un peu tout le temps et partout depuis quelques semaines et elle change un peu du reste. La faute à cet ersatz de flûte qui amène en réalité un sample de... ? De ? Ecoutez Criminal (attention, selon YouTube il faut avoir plus de 18 ans parce que le clip est olé-olé)... ça y est ? Maintenant, écoutez ça (écoutez juste, ne regardez pas, la vidéo est nulle)... voilà, vous y êtes, Britney Spears a samplé The Logical Song de Supertramp. Enfin ce n'est pas un vrai sample mais c'est tout comme et dans la vie, je suis un peu une anti-samples. Même s'il faut aussi prêter l'oreille un peu plus attentivement que d'autres fois, c'est le genre de truc qui m'énerve et me déçoit. D'autant plus parce qu'ici, c'est sournois et pas très fairplay. Malgré tout, j'aime quand même bien cette chanson parce que ça me rappelle quand j'avais 14 ans et que je badais sur des chansons un peu tristes. La jolie blonde est amoureuse d'un bad boy plutôt beau gosse et ça s'inspire de 21 Guns de Green Day pour tout faire péter à la fin, c'est... so teenager.

Je pensais dépouiller chaque chanson de l'album et je crois que c'est finalement inutile, déjà que cet article est fort long, je risque de vous ennuyer davantage. D'un point de vue général, les arrangements sont plutôt bons et malgré tout originaux. Il est évident que Britney est sur-assistée en plus d'être très bien entourée : elle traîne les mêmes producteurs depuis 1999 et s'est offert cette fois-ci la collaboration de Will.I.Am, avec lequel elle chante en duo sur Big Fat Bass. J'ai franchement du mal à l'imaginer faire des prouesses vocales, ce n'est de toute façon pas ce qu'on lui demande. Je préfère ne pas oser penser au carnage que cela doit être en concert mais je me plais à l'envisager affublée de bons musiciens qui rendraient ses shows un peu rock'n'roll. Autotune et autres pitchs sont bien présents pour nous enfermer dans le cocon pop-électro duquel on ne peut pas s'échapper mais il paraît que c'est tendance. Il faut dire que c'est pas trop mal dosé (je n'aurais jamais cru dire ça un jour) et toujours bien placé alors forcément, ça fait son petit effet. Les rythmes sont très appuyés, donnant une armature solide aux chansons et ce côté propret que ma psychorigidité affectionne. Une certaine mélancolie se dégage de quelques morceaux, tant dans les textes que dans les mélodies, et ça ne m'étonne pas, Britney aime bien faire pleurer dans les chaumières, un peu. Elle (enfin elle... ceux qui bossent pour elle en fait) nous offre une instrumentation plus lourde bien que sûrement factice (merci les synthés) et ça se ressent dans la dernière chanson de l'album version Deluxe, Don't Keep Me Waiting. Mais pourquoi un seul morceau et le dernier qui plus est, grands dieux ?! C'est dommaaaage... (ce sont mes goûts personnels qui parlent). Allez, allez, arrêtons un petit peu de nous lamenter. Il ne manque pas grand chose à ce disque pour être excellent. Courage Britney, tu y es presque !

http://www.bloodylucy.com/images/BLOODYLUCY/work/BritneySpearsCriminalclippolemique.jpg
Et puis change de rouge à lèvres aussi, s'il te plaît. Non mais.

Dimanche 6 novembre 2011 ● 1:54

http://www.bloodylucy.com/images/BLOODYLUCY/work/polisse.jpg
J'ai hésité à écrire cet article puisque je me doute qu'en ce moment, la France entière en soupe, du film Polisse. Je vais donc rester succincte, autant aller à l'essentiel.
Maïwenn Le Besco, je l'aime bien. Son travail m'attire et même si je n'ai vu que deux de ses films (Polisse, donc, et Le bal des actrices), je ne peux m'empêcher de la trouver singulière. Polisse, c'est un film d'observation pendant lequel on oscille tout le temps entre rires et larmes, c'est une tension de deux heures. Karin Viard, Marina Foïs, Joeystarr et les autres sont des acteurs suffisamment doués pour réussir à passer le cap du "simple" rôle puisqu'ils sont capables d'être convaincants dans des situations on ne peut plus réalistes, le film étant tourné comme un reportage. Je ne sais pas si vous me suivez mais moi, je trouve ça incroyable comme performance.

On le sait déjà, le film retrace le quotidien de la Brigade des Mineurs de Paris et on a droit à des affaires toutes aussi sordides les unes que les autres. On peut aussi bien être mort de rire quand on voit une gamine se faire interroger parce qu'elle suce pour récupérer son portable (ah oui mais c'est un très beau portable !) ou bien avoir la gorge franchement serrée quand une maman se sépare de son petit garçon pour que celui-ci arrête de vivre dans la rue avec elle. Et puis le montage est fait au hachoir (cet argument n'est en rien péjoratif) et, malgré tout, on a des bribes de vie des flics, on sait à peu près ce qu'ils vivent, comment et pourquoi. Je dirais que le personnage le plus complexe, ou le plus intéressant peut-être, est celui d'Iris, joué par Marina Foïs. Je pense que c'est du moins celui qui m'a le plus marquée, peut-être aussi parce que c'est celui qui a valu le plus de discussion entre mes compagnons de cinéma sur le chemin du retour. [ Spoiler - sélectionnez le texte pour lire ] C'est une femme anorexique qui se fait suffisamment de mal pour en faire également aux autres et se retrouver seule par la force des choses. Lorsqu'une adolescente accouche d'un mort-né issu d'un viol et qu'on lui demande de nommer l'enfant mais qu'elle n'y arrive pas, Iris prends la décision de lui donner son propre prénom. C'est une scène très particulière et je dirais que ça présage de la toute dernière scène du film quand Iris se jette par la fenêtre. [ Spoiler /off ] Quant à Maïwenn, elle joue elle-même dans son film, le rôle de Mélissa, une photographe qui doit réaliser un reportage pour le Ministère de l'Intérieur. Comme d'habitude, elle est un peu en retrait et c'est elle l'observatrice, une sorte d'inspectrice des travaux finis. Après réflexion, j'aurais tendance à appuyer l'avis du sieur Jean-Philippe Star quant au fait que l'histoire d'amour entre Mélissa et Fred (Joeystarr) prend sans doute un peu trop de place, il y a ce petit côté m'as-tu-vu et c'est un poil chiant. Mais ça n'enlève en rien le génial du film.

Enfin, une question que je me suis posée et on trouve la réponse sur Allociné dans les secrets de tournage, je me demandais le pourquoi du comment de l'orthographe de polisse. Je m'attendais éventuellement à un jeu de mot quelconque avec le verbe polir mais je n'y voyais aucun intérêt. En fait, c'est tout simplement police mais avec une faute d'orthographe intentionnelle, celle d'un enfant, et ça colle plutôt bien avec le sujet du film.

Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. C'est un très bon film, Polisse.

Mardi 1er novembre 2011 ● 13:52

Ce sont les vacances scolaires et je crois que je les ai bien méritées. Même si j'ai pris mon dernier vendredi pour me rendre aux obsèques de mon amie, j'ai cru qu'au boulot, j'allais finir par péter un câble. Habituellement, la fatigue et le ressentiment se montrent peu avant les vacances de Noël. On n'a jamais vu ça avant la Toussaint. Je ne sais pas ce qui se trame de louche au lycée où je travaille mais il est clairement entouré d'un fort mauvais karma. On cumule les merdes les plus bigarrées, que ce soit les élèves avec des soucis de santé (hyperventilation et spasmophilie sont nos amies), d'autres qui décèdent subitement, entre les problèmes considérables d'organisation dus à la suppression d'un poste d'assistant d'éducation, des problèmes concernant des vols hors du commun à l'internat, les excès de confiance de la part des profs comme des élèves et d'autres soucis peut-être plus mineurs mais qui sont légion, je vous assure qu'on finit par avoir envie d'envoyer chier son monde. Pour m'aider à passer les journées, je me répète inlassablement "J'aime mon travail, j'aime mon travail, j'aime mon travail... mais j'aime aussi les vacances !". Histoire de ne pas nous laisser partir en congés comme ça, la fleur au fusil, certains gamins ont décidé de nous pourrir la vie. Pour ma dernière nuit, j'ai subi les insultes et les menaces d'une petite conne de 16 ans qui n'a pas supporté que je la surprenne à quitter l'internat en pleine nuit pour aller fumer sa clope. Elle m'a tellement pourrie que j'en ai eu froid dans le dos. Elle a même réussi à me couper la chique. Je vous passe les détails parce que je ne suis pas certaine de mon droit à raconter ça ici mais je peux vous assurer que quand une gamine de cet âge vous regarde droit dans les yeux, sans aucune peur, sans aucune honte, en vous disant qu'elle vous encule et que si elle vous croise dans la rue ce sera pour vous péter la gueule sur un trottoir, ça vous laisse pantois (je précise à tout hasard que je ne travaille pas dans un établissement classé en zone d'éducation prioritaire et qu'il ne se trouve pas non plus à Clichy-sous-Bois).

http://www.bloodylucy.com/images/BLOODYLUCY/work/moibb.jpg
Là, c'est moi en 1986 ou peut-être en 1987. De rien, c'est cadeau.

Si je vous parle de ça, c'est parce que depuis très longtemps je réfléchis de temps à autre sur l'éducation que je donnerai à mes propres enfants. Depuis que je me suis inscrite sur Hellocoton et que j'ai, par ce biais, découvert moult blogs sur des thèmes divers et variés, je me plais à lire les espaces de jeunes mamans. Non pas que ça me donne des idées, je vois plutôt cela comme une sorte d'étude sociologique. En tous objectivité, ça m'intéresse beaucoup. Ce n'est pas un secret, l'éducation suit la mode. Celle d'aujourd'hui me laisse perplexe. Je vais faire une généralité mais par les temps qui courent, vous êtes une bonne mère si vous donnez du bio à bouffer à vos gamins, si vous êtes adeptes de la couche lavable et si vous bannissez la télévision des loisirs de vos lardons. D'une certaine façon, je pense être assez mal placée pour juger ces modes de vie étant donné que je suis childless mais que voulez-vous, je ne peux pas m'en empêcher. Sérieusement, pourquoi la couche lavable ? Parce que ça fait des économies et que c'est plus écologique. Okay, l'intention est louable... mais déjà qu'il est difficile de vider la litière de ses chats, pourquoi s'obliger à laver le caca d'un bébé alors qu'on peut mettre simplement l'objet souillé à la poubelle ? Tout est une question de choix, j'entends bien. A l'âge que j'ai, je suis de plus en plus entourée de jeunes mamans et à nouveau l'étude sociologique prend le pas : j'aime beaucoup les observer et faire mes propres conclusions. D'un point de vue totalement extérieur, je connais donc une maman qui, selon moi, ne donne pas suffisamment de limites à son petit garçon de 3 ans, très malicieux de nature. Alors pendant une soirée entre amis, le môme se jette sur les gâteaux apéro avec ses mains pleines de doigts et en fout partout, au risque de renverser ma bière. Les parents ne disent rien, ils rient, c'est mignon vous comprenez. Moi, je déteste me sentir envahie par les enfants des autres et ça commence par l'apéro. Un exemple contraire, je connais une autre maman qui est toujours sur le dos de ses deux progénitures de 5 et 3 ans. Fais pas ci, fais pas ça, viens ici, mets-toi là... Ces deux gamins ne sont pas spécialement turbulents mais n'ont le droit de rien faire, c'est assez affligeant. Du coup, ça fait écho à ma propre éducation puisque ma mère m'a raconté que mon frère et moi n'avons jamais marché à quatre pattes parce que c'était sale par terre. C'est vrai qu'en y repensant, avant d'avoir un minimum d'autonomie, j'avais toujours les mains dans le lavabo. A force d'observation, je me permets de prendre des notes dans un coin de ma tête afin de me rappeler tous les mauvais exemples que je vois quotidiennement, m'empêchant ainsi de faire pareil le moment venu. Vous me direz, on verra bien !

Des blogs de mamans, vous n'imaginez pas comme il y en a. Un nombre incalculable ! Chacune est libre de raconter ses petites aventures, ce n'est pas ce point que je critique, mais à force de lectures, je n'ai pas trouvé LE blog qui m'incite à le lire entièrement et régulièrement. C'est toujours la même chose, moi je fais comme ci et pas comme ça et je ne comprends pas pourquoi on fait comme ci alors qu'on devrait faire comme ça... nianiania. J'ai l'impression que dès qu'une femme devient mère, tout son être se trouve empli d'une attitude niaise envers son chérubin, au point de parler de lui sur son blog avec des surnoms les plus improbables : Grenouille, Petit Capuchon, toujours avec une majuscule, j'en passe et des meilleurs. Merde les filles, vos gosses ont un prénom ! Vous croyez peut-être qu'il serait content s'il se rendait compte qu'on l'appelle ainsi aux yeux du monde ? Si l'ère des blogs avaient existé dans les années 80 et que ma mère s'était prêtée au jeu, je n'aurais pas du tout apprécié qu'elle avoue au monde entier que mon surnom à moi, c'était Lulu Bidu (oups...). De quoi avez-vous peur ? Qu'en dévoilant le prénom de votre enfant, tout l'Internet se braque sur vous ? N'ayez crainte, votre fils s'appelle Mathéo et votre fille Lilou (qui n'est pas un prénom, d'ailleurs, faut arrêtez les gens, mais vraiment) alors ne vous inquiétez pas, ils sont environ douze milliards dans votre département donc le temps qu'on vous retrouve...

Je ne serai certainement jamais une mère parfaite mais une chose est sûre, mes enfants porteront de la Pampers, mangeront des petits pots achetés à Carrefour car je ne cuisine déjà par pour moi, ce n'est pas en étant maman que ça va commencer, et surtout, ils seront silencieux (ça va, on a bien le droit de rêver). Pour en revenir à l'adolescente dont je parlais en introduction et ayant entendu parler du comportement de ses parents, je ne dis pas que l'éducation fait tout puisque je crois en la crise d'ado mais enfin tout de même, les chiens ne font pas des chats.

Pour conclure, j'adresse mes sincères félicitations à Céline et Jérôme, nos potes qui ont accueilli hier soir dans leur cuisine le petit frère de Gaspard, j'ai nommé Marius !

Mercredi 26 octobre 2011 ● 17:13

<< Warszawa | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | Gdańsk >>

Créer un podcast