Les copains, l'heure est grave. Premièrement, je ne suis même pas sûre que vous puissiez lire cet article à l'heure à laquelle j'ai décidé de le poster, c'est-à-dire ce jeudi soir, parce que le p*tain de wifi de merdre de l'internant ne fait que se couper et ça m'agace vous avez de la chance ! Deuxièmement, ce dont je m'apprête à vous parler va me faire mal aux tripes. Ne lisez que si vous avez déjà lu le livre ou que vous ne souhaitez pas le lire.
Voyez-vous, pour mon anniversaire en mai dernier, un très bon ami à moi m'a offert un livre que je voulais depuis un moment, La dame en noir de Susan Hill. Je l'ai fini tout juste cette semaine et je l'ai très franchement bien apprécié. L'histoire se passe à la fin du XIXe siècle (j'ai tellement envie de dire "du siècle dernier" mais ce n'est pluss possible) dans une Angleterre de novembre. Le jeune Arthur Kipps est un notaire en devenir et travaille pour M. Bentley qui l'envoie dans le nord du pays pour régler la succession d'Alice Drablow, défunte de 87 ans. Il arrive dans le village de Crythin Gifford dans lequel se trouve le manoir Drablow au milieu des marais sur une presqu'île à laquelle on accède seulement par marée basse. C'est aux funérailles de la vieille dame qu'Arthur remarque pour la première fois une jeune femme vêtue de noir au visage émacié et bien pâle. Il finit par occuper le manoir quelques temps afin de pouvoir trier toute la paperasse de Mme Drablow et récupérer ce qui l'intéresse d'un point de vue notarial. C'est là que vont se passer des événements bien étranges et surtout épouvantables.
Vous l'aurez compris, il s'agit là d'une histoire de fantôme. On part d'ailleurs d'un postulat assez classique : une époque victorienne, du brouillard, un manoir, tout y est. On n'est pas spécialement surpris tout au long du bouquin, il faut le dire. Nous avons affaire à un bonhomme cartésien et de nature enjouée, peut-être même un peu fier, du style jeune coq, ceci étant dû à son jeune âge (il le dit de toute façon lui-même). Toutefois, il est quand même extrêmement dérouté par l'apparition de la dame en noir même s'il ne fait pas le lien tout de suite avec le fait qu'elle soit morte. Il se dit qu'elle doit être très malade vu son visage, comme si elle avait contracté la petite vérole. Il assiste à une scène qui le terrifie dès son premier passage au manoir (il y reviendra plusieurs fois et y passera même une nuit, l'inconscient). Il souhaite en effet rentrer à pied jusqu'au village mais le brouillard le surprend sur la chaussée. C'est alors qu'il entend le bruit d'une carriole (il pense de prime abord que c'est son chauffeur qui vient le chercher) puis les cris terribles d'un enfant, comme si les occupants de la voiture étaient en train de se noyer dans les marais. C'est effectivement ce qui se passe et cela glace le sang d'Arthur. Seulement il s'agit en réalité d'une scène fantomatique qui se répète. Lors de sa première visite, il a également visité le cimetière familial attenant au manoir où il revoit la dame en noir. Bien qu'épouvanté, Arthur se plonge dans les papiers de Mme Drablow et trouve toute une série de lettres qu'il étudie.
Je vous résumé les choses assez vite mais sachez que l'intrigue est assez lente malgré le fait que le dénouement arrive vite pour les 200 pages du livre. En gros, on comprend très rapidement les liens de la famille Drablow et les histoires de fantôme, bien avant Arthur lui-même qui est franchement long à la détente. Nous dirons que c'est son côté terre-à-terre qui prend le dessus à ce moment-là... Toujours est-il que les manifestations sont relativement rares mais on les imagine bien flippantes.
Au début du bouquin, Arthur est marié avec une certaine Esmé plus âgée que lui et mère de quatre enfants d'une première union. On apprend au fil de l'histoire qu'avant cela, il a été fiancé avec une dénommée Stella qu'il a épousée après son retour de Crythin Gifford et dont il a eu un petit garçon l'année qui suivit. On apprend également qu'à chaque apparition de la dame en noir, un enfant décède dans des conditions tragiques. Je vous laisse imaginer le twist de malade qu'on a à la fin du livre et qui m'a fait me dresser les poils sur les bras. Non, il n'y a pas de happy end. Étrangement, je pense que c'est ce qui m'a le plus plu, j'ai bien aimé ce revirement de situation.
Venons-en maintenant au fait. J'ai fait la terrible erreur de regarder le film, éponyme, de James Watkins avec Daniel Radcliffe. On m'avait pourtant prévenue mais j'ai foncé bille en tête, je voulais absolument voir de quoi l'adaptation avait l'air. Et bien elle est nulle à chier, c'est bien simple. Même Petrif qui n'a pas lu le livre n'a pas compris le pourquoi du comment du film, c'est dire comme il est mauvais. Je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout, apprécié la liberté que s'est octroyée Watkins pour la réalisation ! La première scène est pourtant prometteuse. On se trouve dans une chambre d'enfant dans laquelle jouent trois petites filles. D'un coup, elles se lèvent et se dirigent toutes trois vers la fenêtres, comme hypnotisées. Puis elles sautent et, donc, meurent devant les yeux impuissants de leur mère. J'ai sincèrement apprécié la beauté de l'image. Le drame arrive tout de suite après lorsqu'on voit Arthur (Daniel Radcliffe) qui attend que sa femme (on suppose donc que c'est Stella) accouche de leur fils. Catastrophe : madame meurt en couches alors que dans le bouquin, elle décède dans un accident de carriole à la fin du livre. Ellipse, le petit Joseph a 4 ans lorsqu'Arthur part pour Crythin Gifford alors qu'il s'appelle justement Joseph Samuel en hommage à Samuel Daily, l'homme qu'Arthur rencontre sur place. Déjà, ça ne va pas du tout. Mais le pire dans toute cette vaste blague, c'est la personnalité du protagoniste qui n'est plus du tout la même que dans le bouquin ! Je vous ai parlé plus haut de son caractère, il se retrouve dans le film taciturne, meurtri à jamais par le décès de son épouse, c'est n'importe quoi ! Enfin s'il n'y avait que ça... Plus rien n'a de sens, tout à coup M. Jerome se retrouve avec une fille en plus de son fils décédé quelques années plus tôt, la femme de M. Daily devient une folle hantée par son fils mort lui aussi et éleveuse de chihuahuas jumeaux, tout cela sans compter sur le fait que personne dans le village n'accueille Arthur décemment lors de son arrivée alors que c'est tout à fait le contraire dans le livre. De plus, le pourquoi du comment est bâclé, on apprend tout de suite les liens de parenté entre les membres de la famille Drablow et ce qui s'est réellement passé, ne nous laissant aucune surprise et aucun moyen de chercher par nous mêmes. Pour résumer, toute l'histoire est racontée dans les dix premières minutes, aucun intérêt donc. Toutefois, le moment le plus WTF est à la toute fin, quand la dame en noir réapparaît et que le petit Joseph de 4 ans (il meurt à 1 an dans le livre) se retrouve happé vers la ligne de chemin de fer... évidemment, un train arrive et son père saute pour le sauver et là, ils meurent tous les deux et retrouvent le fantôme fort mal fait de la maman, Stella.Bref, c'est ridicule alors je vais arrêter d'en parler sous peine de vraiment m'énerver, d'autant que je vous ai pas parlé de toutes les invraisemblances. Vous l'aurez compris : lisez-le et ne le voyez surtout pas


















