Mardi 9 mars 2010 ♠ 9:20

Espoir pour Haïti... ah bon ?

Il y a quelque chose qui me chagrine. Voici la cause de mon scepticisme et je vous invite fortement à regarder cette vidéo si vous ne l'avez pas vue, au mépris même de vos oreilles, s'il vous plaît :


J'avoue, j'ai commencé à regarder sans faire de mauvais esprit. J'ai poussé le vice jusqu'à trouver les paroles intéressantes et même davantage que d'autres chansons engagées et puis je me suis vite ravisée. C'est bien de récolter des fonds et puis le faire en musique permet de rassembler les genres, je pensais même que ces chanteurs-là allaient faire la différence parce qu'ils semblent plus honnêtes et surtout plus concernés mais je serais presque déçue. Dans ce clip, pléthore d'acteurs et d'animateurs TV qui miment la tristesse dans le fond de leur canapé et certains même nous font rouler une grosse larme de crocodile. Les pauvres, on les plaindrait presque. Alors oui, c'est vrai, comme le dit la chanson "Les espoirs peuvent bien s'écrouler, Et le sang continuer à couler, Devant nos télés, pour se justifier, Tout ce qu'on sait dire c'est nous sommes désolés" mais là, permettez-moi de dire que la dénonciation est ratée. Il valait peut-être mieux ne pas faire de clip.

Lundi 8 mars 2010 ♠ 15:11

Avoir des enfants sourds et muets.

J'aimerais que le lobby du petit-déjeuner cesse de suite toute activité. Je ne supporterai plus ces publicités pour le N*tella ou une quelconque céréale censés donner du peps à nos jolies petites têtes blondes. Les parents, trop soucieux de l'avenir de leurs chérubins, prennent ces informations à la lettre et bourrent leurs mômes de vitamines sans se soucier des conséquences. Croyez-moi, être confinée dans un espace exigu de type tramway pendant un fort court trajet qui pourtant paraît durer des heures entre deux glandus d'1m20 qui ne peuvent s'exprimer d'une autre façon qu'en hurlant, ça donne comme envie de dépoussiérer sa carabine et de faire un carnage.

Non, je n'ai pas passé une mauvaise matinée, pas du tout. Je n'ai absolument pas merveilleusement raté mon contrôle continu d'histoire de l'architecture moderne, non, non, non. Vraiment pas.

Dimanche 7 mars 2010 ♠ 14:34

La balade de Lénore, de Horace Vernet.

Cette nuit, j'ai fait un rêve un peu cinglé. Le genre de rêve qui me met mal à l'aise à mon réveil. Comme c'est chiant à expliquer et que ça ne vous intéresse pas, sachez simplement qu'il avait un rapport avec mon contrôle continu d'architecture moderne de demain et que, du coup, je suis gonflée à bloc pour le réussir. Non, non, ça ne me stresse pas du tout. Vous savez, je crois que j'ai trouvé le déclic pour recouvrer une motivation qui s'était grave effilochée depuis la fin de mes partiels de janvier. Ce déclic, c'est mon père. Avec ma mère, ils ne peuvent pas s'empêcher de me mettre la pression pour que je réussisse mon année (et mon permis, ma sécu, etc. - comme tous les parents, en fait) et je me sens souvent  mal à l'aise. La dernière fois que je suis allée chez mes parents, je tenais absolument à leur dire que je n'étais pas Einstein et qu'il fallait qu'il se mette dans le crâne une bonne fois pour toute que le niveau requis en licence d'histoire de l'art n'est pas le même qu'en CP et que non, je pouvais très bien ne pas y arriver. J'ai tellement bien réussi mon coup que j'en ai fichu un sacré au moral de mon père. A tel point que le lendemain de notre échange à ce sujet, j'étais au téléphone avec ma mère pour discuter de quelque chose qui n'avait rien à voir et il a pris le combiné et m'a dit de but en blanc : "bon Lucie, tu sais ce n'est pas grave si tu n'as pas ton année, tu feras autre chose, après tout ce n'est pas catastrophique..." avec une voix horriblement calme. Vous n'imaginez pas à quel point j'ai senti sa déception de la taille du continent africain, ça m'a tuée. Depuis ça (ça fait une semaine), je suis une vraie machine de guerre et si je n'obtiens pas mon année, franchement ça ne sera pas ma faute.


En tous cas, je vous l'avais promis, je vais vous parler de La balade de Lénore, de Horace Vernet. Ce sera assez rapide, je ne suis pas une encyclopédie alors je vous invite à visiter le Louvre, plein d'autres musées ainsi que lire des bouquins vachement intéressants sur plein de sujets différents. Je pourrais vous donner quelques références si vous le souhaitez. Vous avez vu comment je fais mon mauvais chameau, là ? Bon, voici la bête :

http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/VernetLabaladedeLenore.jpg
N'est-il pas un peu flippant, sur les bords ? Son auteur s'appelle donc Horace Vernet, c'est un peintre romantique né en 1789 à Paris où il est également mort 74 ans plus tard. Au départ, il est surtout un peintre militaire parce qu'il suit les traces de son père (Carle Vernet) et de son grand-père (Claude-Joseph Vernet). Il a été directeur de l'Académie de France à Rome de 1829 à 1834 et il a même occupé une salle entière lors de l'Exposition Universelle de 1855 (qui s'est tenue à Paris). Il a reçu la médaille d'honneur donc ça a joué sur sa popularité. Etc., etc.
La balade de Lénore, venons-y. Il a été peint en 1839 et il est conservé au Musée des Beaux-Arts de Nantes. Vernet a peint cette oeuvre en réponse à la ballade de Gottfried August Bürger écrite en 1773, traduite de l'allemand par Gérard de Nerval en 1830. Au Moyen-Âge, la jeune princesse Lénore voit partir, un matin, son fiancé avec quelques chevaliers vers une bataille. Les chevaliers reviendront plus tard mais seuls et à minuit, un chevalier sur un étalon noir se pointe et fait signe à Lénore de monter derrière lui. Croyant que c'est son beau fiancé, elle s'exécute et ils partent tous les deux chevaucher au clair de lune (c'est de toute beauté). Au bout d'un certain temps, ils arrivent dans un cimetière et alors qu'ils se trouvent près un monastère en ruine, le chevalier lève sa visière et laisse apparaître un squelette plutôt qu'un visage et prononce ces mots : "Les morts vont vite."
Autant vous dire que c'est tableau fait pour susciter l'effroi et la pitié.

Je ne peux que vous conseiller de lire cette ballade de Bürger dont la traduction de Nerval est écrite en vers. Il a aussi écrit une chouette version du Baron de Münchausen (cliquez sur le tableau).

Voilà les amis, à bientôt pour un nouveau tableau.





Petite remarque d'un point de vue orthographe parce que j'ai galéré comme une rate : une balade, une promenade, ne prend qu'un seul L tandis que la ballade, la chanson, s'écrit de cette façon. N'est-ce pas prodigieusement pénible ?
Etant donné que je suis une sale teigne, il se peut que je trouve assez drôle de voir des blogueurs se friter entre eux et surtout si ça se passe chez Cowblog. En fait, en temps normal je m'en contrefous mais quand ça se passe entre deux (ou trois, ou quatre, peu importe) blogs que je lis, je ne peux  qu'être au courant de tout ce raffut. Pour une fois que je ne suis pas au milieu d'un conflit, ça mérite d'ouvrir une bouteille de champagne. Il n'empêche qu'en étant spectatrice d'une bataille, on se rend plus facilement compte de la connerie latente qui se développe. Les propos sont, pour la plupart, puérils et il y en a toujours au moins un qui voudra argumenter jusqu'à plus soif afin d'avoir le dernier mot. Quitte à dire n'importe quoi. Le tout n'est pas d'aligner plusieurs mots savants, encore faut-il savoir les utiliser. Oh non, je ne suis pas un exemple en la matière. Personnellement, quand je me prends le chou avec quelqu'un sur Cowblog (ou ailleurs sur la toile mais enfin c'est rare), j'ai l'avantage de n'en avoir rien à foutre, je n'ai donc rien à perdre (même pas une quelconque dignité !). Ce qui est assez comique, c'est que mon adversaire croit toujours le contraire ou, du moins, prétendra de croire le contraire de façon à tenter de m'énerver encore plus. Quitte à m'amuser cinq minutes et à tester ma prose, je joue le jeu de la personne en face. Sérieusement, qu'ai-je à stresser à propos de quelqu'un dont je ne connais même pas la couleur des yeux ? Et quand bien même si je connais mon détracteur (parce que ça m'arrive parfois), celui-là n'aura jamais le cran de venir me dire en face ce qu'il me balance en commentaire. Alors la boucle n'est jamais bouclée. Avoir le dernier mot, toujours. Il y a un amusé et un abusé, reste à savoir qui tient le bon rôle mais là encore c'est source d'un débat sans fin.

Il n'y a qu'une seule chose à faire dans ces cas : n'en avoir vraiment strictement rien à branler. C'est la clef de la réussite, croyez-moi.

J'attends avec impatience celles et ceux qui n'auront rien compris à cet article et qui viendront me dire que je ne m'en fous pas puisque j'en parle... vous avez déjà oublié ma phrase sur la boucle ?

Mise à jour : j'ai envie d'ajouter un truc. Je crois que le plus chiant dans un quelconque conflit, c'est d'avoir affaire à une personne stupide. Mais vraiment stupide. Tu sais, le genre stupide qui laisse vingt commentaires à la suite pour être sûr qu'on a bien compris ses propos, la personne pénible qui est l'incarnation directe de l'adjectif lourdingue, celle qui ne comprend jamais rien à rien et qui interprète toujours très librement ce que tu dis. C'est la personne même dont tu imagines qu'elle a une voix de crécelle et qui serait capable de s'auto-motiver d'un nananère après avoir balancer une vanne qu'elle estime bien placée alors qu'elle est juste pourrie. C'est le genre de personne que tu as envie de dire mais dégage, tu ne sers à rien. Oui, ce sont ces gens-là les pires.

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Hier soir, pendant que la plupart des français ont regardé la reconversion télévisuelle de Valérie Damidot (il paraît que la chaîne a fait une très bonne audience), je me suis calée devant Des racines et des ailes sur France 3 pour écouter mon prof d'histoire de l'art médiéval parler des châteaux bretons. On pensait que l'émission avec lui passerait en janvier et puis ça ne s'était pas déroulé comme prévu, j'ai appris par hasard que l'émission était finalement hier soir. La Bretagne, pour y avoir passé quelques années en vacances, je n'ai jamais été fan parce que je n'ai que des mauvais souvenirs à cause du temps qu'il a pu faire. N'y voyez pas un banal cliché mais je ne me rappelle décemment pas d'un soleil radieux et d'une chaleur accablante. Je n'y suis jamais retournée depuis (sauf si vous considérez Nantes comme une ville bretonne). Enfin bref, il était intéressant de voir les lieux d'habitation de Gilles de Rais (château en ruine de Machecoul), d'Anne de Bretagne (château des Ducs de Bretagne à Nantes) ou encore les spectacles historiques de Vitré.

Il n'empêche qu'au cours de la journée, rien ne s'est passé comme prévu. J'avais un D.S. d'archéologie à 16h et j'avais donc l'intention de bosser quelques heures à la B.U. après mes 3h de technique et théorie en histoire de l'art et puis en arrivant à la fac à 9h30, j'ai constaté que mon devoir était reporté à la semaine prochaine. Après-midi de libre, free vacation ! Donc je l'ai passé à boire le thé chez ma meilleure amie qui fête aujourd'hui ses 22 ans. Et alors ce cours de technique et théorie, quel bonheur ! Surtout la deuxième partie, quand on a parlé de peinture. Le cours portait sur Girodet, le romantisme, Ingres et l'ingrisme au grand désespoir de Margaux. Concernant ce courant qu'est le romantisme, je suis un peu à la rue car c'est un peu trop récent à mon goût. Nous avons, entre autres, étudié un tableau qui s'appelle Classique et romantiques, peint en 1832 par Prosper Debia et qui est conservé aujourd'hui au musée Ingres à Montauban.

http://www.bloodylucy.com/images/illustrationsarticles/DebiaClassiquesetromantiques-copie-1.jpgCliquez pour voir en un peu plus grand...

Le prof nous a d'abord demandé d'observer ce qui se passait sur cette toile et je dois dire que j'étais totalement à côté de la plaque, j'ai simplement pensé le contraire de ce qu'il nous expliqué (ça m'apprendra à réfléchir plus de dix secondes). Commençons par le commencement : le courant romantique débute en France pendant la Restauration et la monarchie de Juillet (1830-1848) et réagit vivement contre le courant dit classique jugé bien trop académique. Delacroix ou encore Géricault sont des peintres romantiques et on observe la même chose en littérature avec Chateaubriand, Musset ou bien Lamartine. Avant ça, il y avait le néoclassicisme, soit ma période préférée. C'est un courant qui se tient entre 1750 et 1830, soit une ère qui peut paraître courte pendant laquelle se sont illustrés le grand Jacques-Louis David, Gros, Ingres, et bien d'autres encore. Le but est la recherche d'un idéal, l'artiste souhaite l'excellence en représentant des figures gréco-romaines dans des scènes mythologiques et bibliques. Je vous avouerai que c'est assez difficile à expliquer et je ne suis pas sûre d'arriver à mes fins.

Toujours est-il que Debia a peint Classiques et romantiques en 1832 et qu'il avait un peu envie de se faire fighter les deux courants. Premièrement, le tableau se divise à la verticale en deux grosses parties. Les romantiques sont devant et les classiques sont derrière. En n°1, il y a un temple antique et des gens sont tout devant, ainsi que d'autres faisant la ronde un peu plus sur la droite. Tous ceux-là sont baignés dans la lumière. Même si cette représentation est fort petite, devant le temple on remarque que c'est la scène de L'Apothéose d'Homère de Ingres et la ronde, la danse des nymphes. Comme tout ceci respire l'antiquité, n'est-il pas ? En n°2, les romantiques sont propres sur eux, bien habillés, ils étudient les ruines antiques afin de les faire renaître. Tous ceux-là sont recouverts par la brume. D'ailleurs, au-dessus de mon n°3, nous pouvons apercevoir (difficilement, je sais) un être cornu. Horreur, malheur, c'est le diable et autour de lui se déroule une scène spéciale, une danse de Sabbat. She's a witch ! She turned me into a newt ! Pardon, je me perds. Et puis Dieu est le n°4, une main vers les romantiques à leur jeter de la vilaine brume et l'autre baignant de lumière les classiques. Voilà, vous y êtes, il condamne les romantiques à l'Enfer. Quelle belle scène religieuse !

Voilà, c'est merveilleux, j'adore ce tableau. Bientôt, je vous parlerai de La balade de Lénore, de Vernet. Je me réconcilie avec le romantisme.

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